‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en France (volume 2)Chapitre 299 sur 314 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

COMMENT L'ÉDUCATION POPULAIRE POURRA DEVENIR UN MOYEN EFFICACE DE RÉPRIMER LA MISÈRE. — DE LA BIENFAISANCE PUBLIQUE.

Nous avons dit que la propriété ou la jouissance d'un insirument de travail productif ne suffisait pas pour assurer à une famille le moyen de produire ce qu'elle a besoin de consommer, mais , qu'il fallait encore savoir tirer parti de cet instrument, et vouloir y appliquer son intelligence et sa force.

Tout homme adulte possède un capital qui , dans une société bien organisée, devrait suffire pour le faire vivre, s'il sait en tirer parti. Ce capital, c'est l'homme lui-même, c'est la libre jouissance de se% organes et de son intelligence appliqués à produire.

Nous supposons maintenant que cette libre jouissance d'euxmêmes est garantie aux citoyens par des moyens analogues à ceux que nous avons proposés et décrits dans les chapitres précédents ; la lâche d'une société intelligente qui veut l'indépendance et le bien-être de tous ses membres, ne sera pas remplie encore : après avoir affranchi les citoyens de la servitude civile eL économique , elle devra leur enseigner le moyen d'user de leur liberté pour leur plus grand avantage , comme pour le î > î li s grand avantage de la communauté tout entière. Le complément indispensable d'une constitution sociale et comme la clef de voûte de l'édifice, c'est donc un système d'éducation publique , ayant pour but d'apprendre à tous les citoyens la manière de tirer de leur corps, de leur esprit, et du milieu qui les entoure, le parti le plus avantageux à eux-mêmes et à la communauté.

Chez les nations les plus avancées en civilisation, en France par exemple, l'éducation publique est elle inslituée dans un

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