‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en France (volume 2)Chapitre 309 sur 314 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

vies de lecture, d'écriture , de calcul et de mesurage , et pour faire de la lecture un bienfait , le ministère général de l'instruction publique favorisera la composition des ouvrages utiles au grand nombre des citoyens , et signalera aux communes les plus recommandables ceux qui sont en état de populariser des vérités utiles. Chaque commune sera encouragée à se composer une petite bibliothèque publique, déposée dans l'école, et à la disposition de tous les habitants. L'école deviendrait ainsi une bibliothèque publique, un petit musée , un lieu de réunion, de lecture et de conversation pour les moments de loisirs. Il ne faudra pas plus de trois ou quatre ans pour qu'un instituteur éclairé ait rassemblé dans son école un échantillon de tous les animaux, de toutes les plantes, de tous les minéraux les plus intéressants de la localité. ,

On ne sait pas assez dans les classes supérieures de la société quelle est la curiosité, je pourrais dire la passion des habitants de nos compagnes pour les vérités vraies. S'ils ne se montrent pas très-avides de nos livres , c'est que nos livres n'ont rien à leur apprendre, c'est que, à l'exception de l'almanach, il n'y a pas un seul livre dans notre langue qui soit écrit pour eux. Que ne ferait-on pas, à l'aide d'un système d'instruction attrayante et positive, de cette population innombrable, chez laquelle le bon sens est une faculté naturelle!

Comme pour démontrer que la pratique est le but du savoir, l'instituteur devrait enseigner lui-même , comme moyen de cultiver les organes , quelques-uns des métiers primitifs de la localité, comme ceux de vannier, de tourneur, de tonnelier, de maréchal et de charpentier. II pourrait se faire aider dans cette partie de ses fonctions par les ouvriers les plus adroits de la commune ou même des environs. Ces exercices n'auraient point pour résultat d'apprendre aux enfants tous les métiers, mais de les habituer seulement à se servir de leurs forces, de leurs organes et à manier les outils : d'ailleurs ils contribueraient à donner une idée respectable du travail, qui deviendrait ainsi un objet d'enseignement public. Aujourd'hui , on défend aux maîtres d'écoles , qui sont en général des ignorants, d'exercer des métiers manuels pour ne pas compromettre leur dignité magistrale. Quel triste contre-sens ! Quant à nous , il nous semble que l'instituteur comm nal doit donner le précepte et

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