‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en France (volume 2)Chapitre 38 sur 314 · CHAPITRE Vlï · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlï

fois. Qu'est-ce que ces disputes interminables , accompagnées de violence, sinon de l'anarchie? Ne sont-ce pas là les symptômes menaçants d'une guerre terrible prochaine, dont il faut se hâter de prévenir l'explosion (1)! Et quand on songe que la politique souffle incessamment le feu sur les esprits déjà si disposés à s'enflammer, ne doit-on pas redouter une conflagration prochaine?

« La désaffection et les plus sauvages théories régnent parmi les classes laborieuses , dit M. Fletcher, non-seulement ici (à Coventry), mais dans une grande partie de l'Angleterre; les révolutions de l'industrie moderne ont malheureusement séparé les classes qui nourrissent l'une contre l'autre une véritable animosité (2). » M. Fletcher apprécie parfaitement plus loin l'influence que ces grands changements industriels ont exercée sur les populations laborieuses , et il pense qu'il faut se hâter de les placer dans une condition telle qu'elles puissent subir celte nouvelle influence sans inconvénient pour elles, sans danger pour la société. Selon lui, le développement de l'intelligence et de la moralité dans le peuple par un bon système d'éducation, est le seul moyen praticable de relever sa condition physique, et de le soustraire à l'action dévastatrice d'une misère et d'une démoralisation qui augmentent chaque jour. Lorsque le peuple aura reçu la réhabilitation de l'intelligence et de la moralité, les liens qui devraient l'unir aux autres classes de la société se renoueront d'eux-mêmes , et la communauté reconnaîtra avec plaisir comme des membres dignes d'elle les travailleurs régénérés. Les portes de la cité , et même celles de la grande société politique , pourront leur être ouvertes , sans qu'on ait plus à craindre que l'ennemi s'y introduise avec eux. Kous citerons encore du rapport de M. Fletcher quelques phrases dans lesquelles il apprécie, tout à fait dans le même sens que nous, les changements introduits par la nouvelle industrie dans le régime intérieur des nations.

« La population de la Grande-Bretagne ne se compose plus de paysans clair-seméssur le sol et de bourgeois enfermés dans des

(1) Voyez History of the mïddle and working classes, by John Wade, 1834, p. 109,.

(2) Report ofM. Fletcher, p. 188,

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