CHAPITRE IV
plus avancées, et les principes de la raison et de la justice.
« L'impôt, dit M. de Sismondi, doit être considéré par les citoyens comme une compensation de la protection que le gouvernement accorde à leur personne et a leurs propriétés. Il est juste que tous le supportent en proportion des avantages que la société leur garantit , et des dépenses que la société fait pour
eux La plus grande partie des frais de l'établissement social
est destinée à défendre le riche contre le pauvre, parce que si on les laissait à leurs forces respectives , le premier ne tarderait pas à être dépouillé. Il est donc juste que le riche contribue , non-seulement en proportion de sa fortune, mais par delà même cette proportion, à soutenir un ordre de choses qui lui est si avantageux; tout comme il est équitable de prendre plutôt sur son superflu que sur le nécessaire de l'autre (1). »
D'après M. de Sismondi, c'est sur le revenu que doit être assis l'impôt ; mais le revenu est produit par la combinaison de plusieurs éléments, et, si on le décompose en ses deux parties les plus simples, on trouvera qu'il se compose de la rente des capitaux et des profils du travail. Or, est-il équitable que le salaire supporte une part aussi grande des charges sociales que le capital? M. de Sismondi voudrait que des quatre classes d'individus qui concourent , selon lui, à la production du revenu , les propriétaires, les capitalistes, ceux qui font valoir les capitaux, les journaliers, les trois premières supportassent à elles seules presque tout le fardeau de l'impôt, qui ne profite guère qu'à elles. La partie la plus respectable du revenu , à ses yeux , celle qui lui semble sacrée , c'est le salaire : « Malheur, s'écrie-t-il , au gouvernement qui touche à cette partie du salaire qui doit conserver la vie, la force et la santé de ceux qui le perçoivent; il sacrifie tout ensemble et des victimes humaines et l'espérance de ses futures richesses (2) ! » M. de Sismondi n'excepte pas le salarié de contribuer pour sa part au maintien de l'ordre social , il souhaite au contraire qu'il soit en état d'y concourir, mais il veut que la partie de salaire qui représente
(1) Nouveaux principes d'Economie politique, 2e édit., t. h, p. 155.
(2) lbid. , p. 168.