‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 100 sur 224 · LIVRE ï · texte numérisé non relu

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En attendant que l'administration renouvelle ses documents statistiques , voyons ce qu'ils peuvent nous apprendre.

Il y a en France 1529 hôpitaux et hospices pour 40,000 communes. Ces établissements ont admis en 1853, 425,029 individus appartenant à la classe indigente. En France, les individus qui viennent mourir à l'hôpital y sont véritablement amenés par la misère. Malgré la bonté des soins que la charité légale accorde dans ces établissements , l'hôpital n'en est pas moins une épouvante pour la population. Dans notre pays où la vanité a tant d'empire, on tient à honneur de mourir dans son lit, en famille, et l'on repousse le plus longtemps possible le lit de la charité. Paris fait peut-être exception à cette répugnance, mais il est d'observation générale que, dans presque toutes les villes de France, des ménages pauvres épuisent jusqu'à leurs dernières ressources pour échapper à ce qu'ils regardent comme une ignominie.

Les bureaux de bienfaisance qui distribuent des secours à domicile aux indigents reconnus tels , ont assisté pendant celte même année 1833 , 695,932 individus. Si on mesurait la misère de ces pauvres par la somme que la charité publique leur alloue , on penserait que ce dénûment n'est pas bien grave ; puisque une aumône de dix francs environ par personne suffit pour le soulager. Évidemment un pareil secours est insuffisant ou inutile : l'administration pense qu'il est insuffisant. Qu'estce qu'un supplément de dix francs pour combler le déficit que la misère produit dans le budget de la nécessité (1)?

La charité religieuse et individuelle viennent en aide aux bureaux de bienfaisance pour soulager la misère en famille. Presque tous les indigents qui reçoivent l'assistance des bureaux sont portés sur la liste des pauvres de leur paroisse, et ils reçoivent, par l'intermédiaire des darnes de charité, des secours fréquents , en aliments , en vêtements, et en combustible. La charité religieuse s'adresse-t-elle à un plus grand nombre de pauvres que la charité que nous appellerons civile ? La sofffîtte des différents secours qu'elle distribue est-elle au-dessus ou

(1) Les bureaux de bienfaisance ont dépensé cette année 8,956,036 francs 08 centimes. — 12 francs 86 centimes par individu , frais J aiiministration déduits, 10 francs 63 centimes.

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