‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 99 sur 224 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

(ion des secours publics, suppose que la population indigente de la France s'élève au dixième de la population totale dans les temps malheureux et au vingtième dans les temps ordinaires, ce qui fait une moyenne d'un quinzième. M. Delaborde, dans son livre sur l'esprit d'association , ne porte le nombre des indigents qu'au quarantième de la population, et le baron de Rlorogues au seizième; le géographe Baibi au trente-quatrième, M. de ViNeneuve-Bargemont au vingt-cinquième, etc. Ces quelques chiffres suffisent, je pense, pour montrer dans quelles vagues limites flottent la vérité et Terreur.

Voici ce que l'administration nous apprend de certain sur cette matière.

Le rapport de M. Gasparin sur les hôpitaux et établissements de bienfaisance (1857) porte à 425,049 le nombre des indigents secourus dans les 1529 hôpitaux et hospices du royaume. Ce chiffre n'est pas celui de l'année 1856 , mais il est emprunté aux documents statistiques sur la France, se rapportant à l'année 1855. Ainsi , tandis qu'en Angleterre, la commission des pauvres publie au mois d'août , dans son rapport annuel, tous les faits et documents de l'année administrative qui se termine au mois d'avril , l'administration française répète en 1857 le même chiffre déjà publié en 1855. Et pourtant de quel intérêt ne serait-il pas pour nous de connaître le mouvement de la population de nos hôpitaux pendant un intervalle de quatre ans? Pourquoi ne savons-nous pas recueillir en France, dans un espace de quatre années, des faits et chiffres beaucoup moins nombreux que ceux recueillis et publiés par une commission anglaise, du mois d'avril au mois d'août (1). Si les sciences sociales vivent de faits, !e meilleur moyen de seconder leurs progrès, et même de les rendre possibles, est donc de rassembler ces faits à mesure qu'ils se produisent et de les livrer promptement à la publicité. Ne serait-ce pas un grand avantage pour le gouvernement et pour le pays , si l'étude des faits sociaux enlevait quelques esprits aux déclamations d'une politique sans fonds et sans but?

(1) Le rapport annuel de la commission des pauvres avec les pièces et documents annexés forme un volume in-8o de trois à cinq cents pages imprimé à grande juslification et en petit texte.

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