‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 107 sur 224 · LIVRE · texte numérisé non relu

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ils échappent au sentiment de la misère, à ses humiliations, et, après une vie de rude labeur , qui n'est pas sans beaux jours , ils ont pour consolation dernière le bonheur de reposer sous le gazon où dorment, dans la terre bénite du cimetière , à l'ombre de l'église, leurs modestes aïeux!

Le paysan vit plus longtemps que l'ouvrier des villes. Les tables statistiques s'accordent à donner aux habitants des campagnes une moyenne d'existence supérieure à celle des habitants des villes. Le rapport de la mortalité à la population, qui est de 1 sur 36 pour Paris, n'est que de 1 sur 40 pour la population des campagnes : on se rappelle que , dans les quartiers où sont entassés les ouvriers de la capitale , la mortalité est de 1 sur 26 ! Il n'est pas besoin de prouver, je pense, que les travaux des champs, plus rudes en apparence, sont plus salubres, plus favorables à l'homme physique et aussi à l'homme moral que les travaux de l'atelier : l'air des champs est plus vital sans doute que celui des manufactures. Nous croyons donc avoir eu raison , dans un travail spécial sur la misère, de faire abstraction presque entièrement de la pauvreté laborieuse mais facile à porter, des campagnes de la France. Leur condition est assez généralement connue; et nous ne pensons pas qu'il nous soit nécessaire de faire voir après tant d'autres , les avantages qu'ont retirés les paysans delà grande révolution sociale faite, il y a cinquante ans , par les habitants des villes.

Revenons à la misère des ateliers et des mansardes.

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