‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 109 sur 224 · LIVRE U · texte numérisé non relu

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ont constatée dans la mortalité comparée des arrondissements pauvres et des arrondissements où l'aisance est générale. On voit que , dans le 1 2mc arrondissement par exemple, on meurt plus d'une fois plus vite que dans le deuxième.

Ce n'est point ici le moment de faire la description de l'indigence parisienne , qui demanderait la plume originale et hardie de Mercier.

Essayons d'évaluer approximativement , d'aussi près qu'il est possible avec la nature des documents que nous possédons, l'étendue de la misère à Paris.

Suivant l'administration départementale, il y aurait à Paris un indigent sur douze habitants trente-deux centièmes (1). On se base pour ce calcul sur le recensement de 1835 , qui n'a donné que 62,559 indigents formant 28,960 ménages, auxquels la charité municipale reconnaissait droit à des secours. Ce recensement, comparé au recensement de 1829, offre une diminution réelle de 2,351 sur le nombre des indigents adultes. Cette proportion est , dans le 12me arrondissement, d'un indigent sur six habitants quatre-vingt-deux centièmes , tandis que, dans le deuxième, elle n'est que de 1 indigent sur 28.

Ce rapport officiel n'est pour nous qu'une approximation fort éloignée de la réalité. Les secours à domicile sont une mauvaise base pour y fonder avec assurance l'évaluation de la misère. Si on jugeait de l'étendue de l'indigence par les secours distribués à domicile, on serait presque en droit de douter de son existence, puisqu'une subvention, qui s'élève à peine à 22 f. 35 c. par indigent reconnu , suffit à son soulagement officiel. Une somme de 22 f. 55 c. représente-t-elle une quantité de privations assez grande pour émouvoir la charité publique? Si ces 62,329 individus sont réellement misérables au point que leur porter secours soit un devoir public, ne faut-il pas qu'avant d'être placés sur cette liste, ils soient dans un état habituel de détresse qui mérite déjà le nom de misère, dans celte condition affreuse où une privation de plus, si faible qu'elle soit, dépasse

(1) Compte rendu de l'administration du département de la Seine et de la ville de Paris, pendant l'année 1836, page 180.

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