CHAPITRE VIII
croître; de 1854 à 1855, il augmente de 5,951 ; de 1855 à 1856, l'augmentation s'élève au chiffre de 12,917 malades de plus traités dans les hôpitaux (1).
On s'explique ce fait par la facilité des admissions, et par d'autres causes que nous ne croyons pas nécessaire de discuter. Quelques mots seulement sur la première. Il y a une grande différence entre les secours donnés à l'hôpital et ceux distribués à domicile : les seconds peuvent se refuser beaucoup plus facilement que les premiers. Nous croyons qu'il ne faudrait pas à l'administration française autant de courage pour supprimer tout secours à domicile, qu'il en a fallu au gouvernement anglais pour décréter et surtout appliquer la nouvelle loi. En supposant que l'on parvienne à supprimer la minime subvention de 10 fr. par individu (2) que les bureaux de bienfaisance payent aux sept cent mille indigents assistés de la France, s'imaginera-t-on pour cela avoir supprimé la misère ? Si la diminution des secours diminuait réellement la misère, nous conseillerions de les suspendre tout à fait , car la mesure est possible.
Il n'en est pas de même de la charité distribuée à l'hôpital : celle-là est pour ainsi dire forcée , car la condition d'un homme malade ou blessé , et qui se trouve privé de ses gains de chaque jour sans lesquels il lui est impossible de vivre, cette condition constitue un droit presque absolu en sa faveur. Qu'il ait manqué de prévoyance ou que la modicité de ses gains ne lui ait pas permis de mettre en réserve quelques économies pour les mauvais jours, la charité publique n'est pas moins forcée de le secourir j l'humanité et même la décence ne permettant pas de laisser mourir des êtres humains comme des animaux , on ne peut pas refuser l'aumône du cercueil.
62,559 indigents ont reçu, en 1835, une subvention de 1,417,514 fr. 05 cent., et 28,969 ménages ont pris part à ces secours j sur ce nombre, 19,862 ont été assistés annuellement ; 9,107 l'ont été temporairement.
(1) Compte rendu pour 1836, page 160.
(2) Voyez Rapport au roi sur les hôpitaux et bureaux de bienfaisance, — Gasparin , 1837.