‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 120 sur 224 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

dans le département du Nord qu'à l'époque sur laquelle l'auteur a pris ses renseignements. Par exemple, M. de Villeneuve a calculé son rapport de l'indigence sur la population telle que la donnait le recensement de 1827, 962,848 habitants (1). Le recensement de 1835 porte cette même population au chiffre de 1,086,417 (2). Si, comme il est permis de le penser, le paupérisme a suivi la même progression , il est évident que le rapport des indigents doit être aujourd'hui plus fort qu'il ne Tétait alors; mais assurément il n'est pas le même, il est au-dessus ou au-dessous.

Les recherches du comité de l'assemblée constituante nous apprennent qu'en 1789, sur 808,149 habitants , le département du Nord contenait 120 mille indigents (5). En 1829 , époque où M. de Villeneuve a pris ses chiffres, on y comptait 165,455 in digents sur 962,848 habitants. C'est dans ce laps de temps un accroissement de 1 sur 6,7, à 1 sur 5,35. Nous croyons que les évaluations de la constituante étaient comparativement plus élevées que celles de 1829, car nous pensons que les progrès industriels faits par ce déparlement, de 1789 à 1829, ont exercé sur la misère une influence plus grande que celle que Ton peut supposer d'après un accroissement d'un sixième d'indigents en plus.

Les fonds consacrés par la charité publique, en 1829, au soulagement de la misère départementale, s'élevaient à 5,005,675 fr. 58 cent. Le sixième de la population est compris dans la subvention de la misère , et plus du tiers de la population industrielle participe aux secours de la charité publique : répartie entre tous les indigents reconnus comme tels, la somme des secours ne donne guère que 5 fr. 42 cent, par individu. Il faut que la charité privée, très-aetive dans ce département , comble par ses aumônes volontaires l'insuffisance de la charité publique.

(1) Economie politique chrétienne, par le vicomte Alban de Villeneuve-Bargemont, t. ii, ch. eu, p. 50 et suivantes.

(2) Annuaire du bureau des Longitudes. 1837.

(3) De Gérando. Histoire de la bienfaisance publique, 1er vol,, p. 119.

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