‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 141 sur 224 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

s s enfants dès que leur âge permet de les louer aux fabriques ; or, l'industrie a de l'occupation pour les enfants de six ans (1). On a même remarqué en Angleterre que le nombre des enfants employés aux manufactures s'accroissait de plus en plus, parce que , d'un côté, le bas prix des salaires accordés faisait rechercher ces agents peu coûteux, et que , d'un autre, la misère des familles ouvrières les forçait d'accepter avidement les plus faibles chances de gain.

Depuis les admirables applications d'agents matériels nouveaux à la production, depuis les progrès de la mécanique, les femmes et les enfants peuvent faire à moins de frais les «'onctions de l'homme, et il nous serait facile de prouver par (ies chiffres que l'industrie ne s'est pas fait faute de les employer.

Si du moins l'exercice de l'industrie pouvait servir d'occupation utile ou de culture à l'intelligence ! Malheureusement , sous ce rapport, comme sous beaucoup d'autres, le régime de l'industrie devient, selon nous, moins favorable aux classes ouvrières. La division du travail, si nécessaire à la production et qui se perfectionne sans fin , réduit de plus en plus les travailleurs a des fonctions purement mécaniques, qui ne demandent que l'adresse de l'habitude. Le travail devient ainsi, dans certains métiers , un exercice d'automate qui consiste à faire le plus de mouvements possible , dans un temps donné. Plusieurs économistes et surtout M. Sismondi ont signalé ce triste effet des perfectionnements dans l'économie de la production par la division du travail. Qu'y a-t-il pour l'intelligence dans la fonction d'un homme qui passe toute sa vie douze et quatorze heures par jour à fabriquer la vingt-cinquième partie d'une épingle (2)?

L'homme ne vit pas seulement de pain , a dit le Christ. Les malheureux qui emploient toutes leurs pensées, et presque toutes les heures de leur vie, à gagner le pain matériel, sont donc à peu près privés de la nourriture spirituelle nécessaire à

(1) Voy. Enquête relative à diverses prohibitions, etc., p. 194, t. m. Vj. Mimerel.

(2) Nous renvoyons , pour les détails , pour la description de la condition moraie des classes laborieuses . à la seconde partie.

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