LIVRE II
doux unions de Bethnal-Green et de Ifliite-Cha'pel ont soigné, en 1857, 4,641 cas de fièvre, 1 sur 27 habitants , et ce chiffre comprend seulement les individus qui ont réclamé le secours de la charité paroissiale ! or , il est de toute notoriété que , dans ces deux districts, la fièvre s'est élevée au-dessus de la classe des pauvres, et qu'elle a pénétré fréquemment dans la classe moyenne et même jusque dans le sein des familles riches. Selon le docteur Southwood-Smith, la misère menace à chaque instant de la peste toute la partie orientale de la ville de Londres! Nous pourrions ajouter à ces témoignages ce que nous avons vu de nos propres yeux en compagnie des officiers chargés de distribuer les secours des Unions aux misérables habitants de ces districts; en visitant maison par maison cette cité d'horreurs , nous avons fréquemment rencontré des familles noînbreuses qui ne possédaient pas un meuble, pas même des planches pour étendre la paille sur laquelle elles reposent; à peine quelques haillons en lambeaux pour cacher leur nudité ! mais il n'est pas besoin , je pense, de pousser plus loin ce douloureux inventaire : les témoignages authentiques que nous avons cités , ceux que nous avons à citer encore , sont assez positifs pour qu'il devienne inutile d'y rien ajouter.
En parcourant les affreux districts dont nous venons déparier, nous avons été vivement frappé des inconcevables abus de propriété que nous révélait à chaque pas l'aspect des habitations louées à la misère. Nous avions peine à nous expliquer comment il se faisait que les propriétaires de terrains eussent le pouvoir de créer pour leur intérêt une Irlande au sein même de la métropole de l'Angleterre. Est-ce que, dans tous les pays civilisés, il n'y a pas des lois qui protègent la santé et la décence publiques contre la cupidité des spéculateurs en loyers et en bâtiments? Est-ce que partout le propriétaire n'est pas obligé, par un pouvoir quelconque , de réparer sa maison quand elle menace ruine . de la maintenir en état de propreté, de la disposer de façon qu'elle fournisse à ceux qui doivent l'habiter l'air nécessaire à la vie? Aucune de ces précautions contre les abus de la propriété n'existe en Angleterre , du moins pour les maisons destinées aux misérables; le propriétaire d'un terrain inoccupé y place des constructions dans l'ordre qu'il lui plaît, sans laisser entr* elles l'intervalle d'une rue, sans niveler d'à-