‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 156 sur 224 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

heureux de pouvoir appuyer de l'autorité de ce très-estimable publiciste , ce que nous avons vu nous-même dans le foyer le plus actif de l'industrie britannique.

Les parties de la ville de Manchester, occupées par la population pauvre , ont une origine toute récente; les rues sont généralement larges et régulièrement tracées , et à l'exception de quelques centaines de masures, le long de la Medlock, l'apparence des habitations du paupérisme est assez décente. Les rues des districts pauvres de Manchester présentent l'aspect d'une ville qui aurait été d'abord bien bâtie, mais qui se dégrade et se salit faute d'entretien. Quelques parties de Manchester semblent n'avoir pas été entièrement achevées, parce que le flot de population attiré subitement par l'industrie , remplissait les maisons nouvelles plus vile qu'on ne pouvait les bâtir. Parmi les nouveaux arrivants, il y avait une grande quantité d'Irlandais, et comme tout est bon pour eux , ils se contentèrent des abris provisoires que les spéculateurs en constructions élevèrent à la hâte pour les recevoir. Une cave , un dessous d'escalier, leur suffisaient, et ils s'empressaient de s'y blottir. Le docteur Kay, plus clairvoyant que beaucoup de ses compatriotes , regarde comme une grande calamité l'invasion de l'Angleterre par les Irlandais. « Les Irlandais , dit-il , ont t> donné une funeste leçon aux classes laborieuses de ce pays.... » Ils ont appris aux travailleurs de notre pays le fatal secret de » borner leurs besoins à l'entretien de la seule vie animale , et «de se contenter, comme les sauvages, du minimum de » moyens de subsistance qui suffisent à prolonger la vie... La » colonisation des tribus sauvages a eu pour la civilisation des » conséquences aussi fatales que celles qui ont signalé les pro- » grès des flots de sable sur les fertiles campagnes de l'Egypte.

ce que nous devons à son obligeance pour le succès de nos recherches en Angleterre. Le docteur J. Philips Kay, l'un des hommes les plus éclairés et les mieux intentionnés de son pays , a consacré tous ses travaux à l'amélioration des classes inférieures au moyen de l'éducation publique. Placé aujourd'hui dans le conseil privé, et chargé de tout ce qui a rapport à l'organisation de l'instruction populaire, il essaye d'accomplir, par ses actes, le bien qu'il avait d'abord provoqué par ses écrits.

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