‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 166 sur 224 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

néralement un aspect misérable. La population est pressée au point que deux familles couchent souvent dans la même pièce. « J'ai vu à Mulhouse, dit Fauteur, de ces misérables logements «jè^deux familles couchaient chacun^£ajns un C0*A^i|uJ^e ^a ^m^jetée sur le ça|reau et réfenue*par deux v^^^^t^^ îanrneawx de couverture et souvent une espèce de'nTateTas cfe plumes d'une safété dégoûtante, voilà tout ce qui recouvrait cette paille (1). » Ceci est digne des Wynds de Glascow, de Bethnal-Green et delà véritable Irlande.

L'agglomération subite de la population ouvrière autour des fabriques de coton a porté les loyers à un prix exorbitant. Une chambre comme celle décrite ci-dessus coûte ordinairement à chaque ménage qui veut l'occuper entière 6, 8 et même 9 fr. par mois ! Les salaires de l'industrie cotonnière n'ont fait que baisser depuis quelques années et les loyers sont toujours restés au même taux , s'ils n'ont même pas augmenté. La population une fois transportée au sein des fabriques et plongée dans le paupérisme, ne fait que s'accroître, de façon qu'il est possible que les loyers augmentent avec les progrès de la misère. Ainsi une chambre de 10 à 12 pieds carrés, basse, malsaine, coûte de 72 à 108 francs par an. Le loyer se paye tous les quinze jours , et c'est là encore un trait de rapprochement avec l'Irlande et l'Angleterre, où l'on ne loue au pauvre qu'à la semaine. Nous avons oublié de dire, en faisant la revue des villes industrielles d'Angleterre , que les maisons des pauvres rapportent plus aux propriétaires que les maisons les plus élégantes et les mieux entretenues. Une cave de Liverpooï se loue de 4 à 6 schellings la semaine.

« Un prix aussi exorbitant , dit M. Villermé , tente les spéculateurs : aussi font-ils bâtir chaque année de nouvelles maisons pour les ouvriers de la fabrique, et ces maisons sont à peine élevées que la misère les remplit d'habitants (2). »

Et malgré cette concurrence des spéculateurs , beaucoup d'ouvriers ne peuvent pas obtenir des logements dans la ville ; ils sont obligés, pour se loger à plus bas prix , d'habiter à une lieue , une lieue et demie et même plus loin de la fabrique , et

(1) Tableau de l'état physique et moral des ouvriers , t. i, p. 27,

(2) Ibid., p. 28.

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