‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 175 sur 224 · LIVRE IT · texte numérisé non relu

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ciHle nature! Mais c'est dans la vilie de Mulhouse que la différence entre la mortalité dans les classes aisées et la mortalité dans les classes pauvres nous présente un plus effrayant contraste. Les curieuses recherches de M. Achille Pénot nous apprennent que les probabilités de vie , qui sont, pour les enfants de négociants et de gens aisés , de 29 ans environ , ne sont que de deux ans pour les enfants de l'industrie cotonnière. La moyenne générale de la vie humaine a considérablement diminué à Mulhouse, de 1812 où elle était de 25 ans 9 mois 12 jours, à 1817 où elle était descendue à 21 ans 9 mois. Ce fait, accepté par le docteur Villermé, qui Ta cité , prouve incontestablement ce que nous savons déjà, savoir que l'accroissement de la moyenne de la vie ne profite en rien aux classes pauvres, aux populations qui vivent de travail industriel.

La mortalité est partout plus élevée dans les villes que dans 1rs campagnes. On l'évalue à 1 sur 59 dans toute la France, à 1 sur 36 dans la population des villes. Cette différence tient à la présence de la misère dans les villes ; elle en est le signe infaillible, bien que peu sensible en apparence. Cet excès demorlalité constaté dans les villes n'est produit que par les souffrances des classes pauvres, qui abrègent dans une proportion peut-être inconnue la moyenne de la vie. Si on avait fait sur toute la population pauvre de la France le même travail, on découvrirait que la différence reconnue à Paris et à Londres est une loi générale, et que l'on meurt plus d'une fois plus vite dans les classes ouvrières que dans les classes aisées.

Nous possédons en France un moyen exact et officiel de constater les effets physiques de la misère sur les populations laborieuses; nous voulons parler des résultats du recrutement. Malheureusement, les faits importants qui ressortent des opérations du recrutement restent enfermés dans les cartons des préfectures, et il est bien difficile à la science d'en profiter. Ici encore nous recommanderons à l'administration française d'imiter l'exemple des différentes branches de l'administration anglaise, dont chacune publie les faits qui la regardent à mesure qu'ils se produisent. Quel avantage pour la science sociale si, à la place des quelques statisticiens privilégiés qui choisissent dans les faits selon leur convenance , trop souvent suivant les besoins de leur système, le gouvernement lui-même publiait

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