‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 190 sur 224 · CHAPITRE HT · texte numérisé non relu

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fiêmes que ceux rapportés plus haut. Nous avons vu une pauvre famille irlandaise qui était sur le point de périr de faim, n'ayant déjà plus la force de descendre l'escalier pour réclamer du secours. Ceux que le ministre des pauvres distribue, dans des cas désespérés à des Irlandais, sont une infraction flagrante aux volontés de la charité publique de la ville de Manchester. Il n'y a rien ici pour la misère irlandaise : heureuse la florissante cité , si le salutaire exemple de quelques familles du troupeau irlandais mortes de faim pouvait la sauver des dangers dont la menacent la présence et l'immigration continue de la race maudite !

Ajoutons pour compléter le tableau, que plus de la moitié des habitants de Manchester sont si misérables ou si dégradés, qu'ils ont recours à la charité publique pour mettre leurs enfants au monde. La comparaison des naissances à l'hôpital des femmes en couches de Manchester, donne une moyenne annuelle de 4,500 enfants mis au monde aux frais de la cha rité (1) !

Si nous passons en Ecosse , dans les grandes villes d'Edimbourg, de Glascow, de Paisley, nous y rencontrerons un nombre plus grand encore d'êtres humains amenés au dernier terme de la détresse physique, et des scènes plus hideuses, plus lugubres encore.

« Je puis dire avec vérité , s'écrie un homme de bien qui a été témoin de la misère écossaise , que j'ai entendu bien des êtres souffrants et à l'agonie, pousser le cri de la détresse vers fé Seigneur, ce qui, selon l'avertissement de l'Écriture , est une souillure au milieu de nous ! » Si l'on jette les yeux sur les tableaux suivants que nous empruntons à des témoignages authentiques , on verra que les paroles que nous venons de citer ne sont pas seulement une exclamation biblique , en ma-

(1) The moral and physical condition of the working classes in Manchester, by James Philips-Kay, p. 69.

Le dernier rapport de Lying-in hospital nous apprend que, du 2 mai 1838 au 1er mai 1859, 5,425 pauvres femmes en couches ont été secourues, et 5,477 enfants mis au monde.

Voyez Juvénile delinquency in Manchester , by Beaver Neale, p. 10, note.

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