CHAPITRE IV
peuplées, les villes de manufactures et les ports de mer, pouvaient se résumer ainsi : « 1° l'éducation donnée aux enfants des classes laborieuses est de la plus déplorable insuffisance ; 2° toute mauvaise qu'elle est, elle ne s'étend qu'à une bien petite portion de ceux qui devraient la recevoir; 5° si le gouvernement ne fait pas les efforts les plus courageux et les plus persévérants, cette négligence appellera infailliblement les plus grands maux sur toutes les classes de la société (1). »
Les rapports faits à l'occasion de l'enquête sur l'éducation, provoquée par la motion de lord Kerry, en 1835, rapports malheureusement incomplets, nous apprennent que sur 4,294, 250 enfants de trois à quinze ans, seulement 1,276,647 enfants recevaient l'instruction quotidienne ; le rapport au comité parlementaire de 1858 regarde celle instruction comme généralement inutile, et, en bien des cas, pernicieuse. 1,548,890 enfants fréquentaient à la même époque les écoles du dimanche. Suivant le rapport de la société statistique de Manchester sur l'état de l'éducation à Manchester, Salford, Liverpool, Bury et York, population estimée à 555,000 habitants, l'éducation publique devrait être donnée à 80,050 enfants, en déduisant un tiers des enfants de trois à quinze ans pour représenter ceux qui sont instruits en famille; 21,957 suivent des écoles régulières , 29,259 reçoivent une instruction absolument insuffisante et même inutile dans les petites écoles, tenues par des femmes, el 28.854 restent sans aucune espèce d'instruction. Ainsi, sur 80.050 enfants, 58,093 ne reçoivent absolument aucune instruction , ou seulement l'instruction inutile des petites écoles de femmes (2).
Les rapports des chapelains des prisons, dit lord John Russel dans une lettre au président du conseil, nous signalent qu'un très-grand nombre de pauvres prisonniers n'a jamais rrçii aucune connaissance des vérités fondamentales de la religion naturelle ou révélée (5). »
(1) Récent measures for ihe promotion of éducation in En gland, onzième édition, 1859, p. 5. L'auteur de cette brochure anonyme, et on peut dire officielle , est le docteur Kay.
2j Ibid., p. 7 et 8.
ï'bid., \k 10.