‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 201 sur 224 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Le chapelain de la maison de correction de Preston consigne dans son rapport que, sur 1,129 individus emprisonnés, 554 ne savaient ni lire ni écrire (1) î

En 1858, le nombre des jeunes délinquants enfermés dansles prisons de l'Angleterre fut de 12,000 (2) !

« Les progrès rapides de notre civilisation matérielle , dit le docteur Kay dans la brochure que nous venons de citer plusieurs fois (5), ont occasionné dans notre pays un énorme accroissement des populations manufacturières, et malheureusement TÉlat a négligé l'instruction, la morale et l'éducation religieuse de ces masses d'hommes. Les villes industrielles offrent des signes effrayants : les classes laborieuses, sans rivales pour l'énergie et la vigueur avec lesquelles elles poursuivent leur travail quotidien, sont malheureusement prodigues, incapables d'administrer leur ménage , ou de résister à l'attrait des plaisirs grossiers. »

En ce moment, tous les esprits distingués en Angleterre, ceux du moins que n'aveuglent pas les préjugés et les intérêts de parti, sont fortement préoccupés des conséquences dont l'ignorance et la dégradation des basses classes menacent leur pays, et ils font tous leurs efforts pour qu'un système d'éducation publique bien entendu succède à l'abandon absolu dans lequel le gouvernement a laissé les classes laborieuses. Déjà nous avons vu de nos yeux des écoles parfaites, destinées aux enfants pauvres, auxquelles il ne manque que d'être plus nombreuses j mais, sans mettre en doute le bien que l'on doit attendre de l'influence d'une bonne éducation , nous croyons que l'éducation ne peut agir que d'une façon très-indirecte sur l'amélioration de la condition des basses classes en ce pays. L'ignorance n'est pas la cause la plus active de la démoralisation d'un peuple : introduire la lumière dans le cachot d'un prisonnier, ce n'est pas le rendre libre; si ce bienfait contribue à sa liberté, c'est que la vue de ses fers aura peut-être donné plus de force au désir de la recouvrer. Nous ferons voir plus loin

(1) Gaols Relurns under 4 George IV, c. cxiv, and 5 George XXIV, c. v, dated 20 febr. 1839.

(2) Récent measures, etc., p. 13.

(5) Ibid» p. 16.

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