‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 29 sur 224 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

telle alternative, qu'ils se soumettent aux plus rudes épreuves plutôt que de subir la charité de la loi !

Tout en rendant justice aux hommes intelligents, aux hommes de bien, qui ont provoqué et rédigé la loi nouvelle, nous démontrerons avec la dernière évidence que cette loi a été faite contre les pauvres au lieu de l'être pour eux, ainsi que le recommande la véritable charité (1). L'Angleterre a été forcée par la violence du mal à décréter non plus une loi de bienfaisance , mais une loi de salut public.

SECTION PREMIÈRE

La misère avant l'acte amendé de 1854.

En Angleterre , le principe chrétien qui fait un devoir de la charité était écrit dans la loi. C'est à tort que Ton attribue au fameux acte de la quarante-troisième année du règne d'Elisabeth , la création du code de paupérisme. Ce statut, passé en 1601 , ne faisait que généraliser des dispositions en vigueur déjà depuis longtemps, et réunir en une loi toutes les lois antétérieures. Le principe de la charité légale était reconnu et appliqué depuis longtemps , ainsi qu'il serait facile de le prouver par la citation d'une foule de statuts des règnes précédents. L'acte quarante-troisième n'était même que la reproduction presque littérale d'un acte passé quatre ans auparavant. Dès le xive siècle , sous le règne d'Edouard III , nous trouvons une loi économique d'une égale importance, et dont la charité légale , organisée par Elisabeth, n'est que la conséquence. Nous voulons parler du statut des ouvriers, qui fixait les gages et les salaires de tous les métiers (2). Chaque année, nous voyons le

(1) « Les règlements doivent être faits , non en haine des indigents , » mais dans un sentiment d'amour pour eux, uon contre eux mais en » leur faveur. » Dominique de Solo, cité par M. de Gérando, dans son introduction à V Histoire de la bienfaisance publique.

(2) Statute of'labourers. Voyez Rot. Pari. III.

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