‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 32 sur 224 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

retouchée, le code du paupérisme anglais jusqu'à la réforme opérée par Yamendement de 1834 (1).

Nous croyons devoir rappeler en peu de mots les principales dispositions de l'ancienne législation des pauvres. La loi metlait les pauvres à la charge de chaque paroisse , qui devait fournir du travail aux indigents valides et des secours à ceux qui étaient incapables de subsister par eux-mêmes. Un bureau , composé des officiers de la paroisse, administrait et répartissait les fonds affectés au soulagement de la misère. Les habitants étaient taxés suivant le revenu de leurs propriétés ou la quotité de leur loyer, pour former la somme nécessaire à l'entretien et à l'administration de l'indigence locale. Quand on ignorerait les faits qui, pendant deux siècles, ont si douloureusement éprouvé cette loi , on pourrait facilement les supposer. En restreignant à la paroisse le domicile des secours, elle divisait la commune en deux partis opposés d'intérêts , les habitants aisés qui voyaient chaque année leurs revenus dimi nuer par l'accroissement de la taxe, et les habitants pauvres qui réclamaient les secours comme un droit, comme une redevance prélevée à leur profit sur le superflu des riches. La paroisse n'étant obligée qu'à entretenir ses pauvres, elle avait intérêt à empêcher rétablissement chez elle de familles ouvrières qui pouvaient plus tard agrandir la liste des taxes; elle les repoussait sans pitié, contestait à celles qui étaient déjà établies le droit au secours , plaidait avec les indigents eux-mêmes et avec les autres paroisses pour n'avoir pas à sa charge quelque malheureux surpris par la maladie sur son territoire , ou bien même pour ne pas payer les frais de ses funérailles. Les lois sur le domicile, dites de seulement , à chaque instant modifiées

(1) Dans tous les pays, les peines portées contre la mendicité sont nécessairement suivies de rétablissement d'ateliers de charité , de dépôts de mendiants, d'institutions légales de charité. Turgot, voulant proscrire la mendicité, ouvre aussitôt des ateliers aux pauvres ; Napoléon institue les dépôts de mendicité dans le même décret qui proscrit le vagabondage.

Voyez Turgot, Ordonnance contre la mendicité dans la généralité de Limoges. — 19 février 1770. — OEuvres de Turgot , tome 6. Décret du 15 juillet 1808.

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