‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 36 sur 224 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

s'élevait à 40 sh. (1). Les abus signalés dans ce comté étaient bien plus extraordinaires encore que les faits rapportés par M. Magendie. Les documents constatent dans l'administration de la taxe les plus révoltantes malversations ; les inspecteurs détournaient à leur profit les deniers des pauvres, les dépensaient en réunions de plaisir. Le Clerk de la Hnndred de Blything dans le Suffolk avait 140 1. st. d'appointements, le chirurgien 700 1. st., les inspecteurs adjoints 850 1. st., tandis que, dans d'autres localités, les mêmes officiers ne recevaient que 25 , 60 et 150 livres de traitement (2).

Voici d'autres faits qui nous montreront quel écrasant fardeau la taxe des pauvres était devenue pour la propriété anglaise , et combien les gens aisés avaient intérêt à le réduire. Les rigueurs de la nouvelle loi se trouveront ainsi justifiées par la nécessité , qui est l'autorité suprême des sociétés actuelles. Comme on ne pouvait pas diminuer la misère , on fut bien obligé d'en diminuer la subvention.

D'après le rapport de M. Gulson , qui avait examiné 355 paroisses , la paroisse de Ramsden (Oxfordshire) supportait une taxe de 25 sh. par acre de terre cultivée. Une propriété louée 645 1. st., franche de taxe , payait 427 1. st. pour la subvention du paupérisme en 1855. « Nous pourrions employer un beaucoup plus grand nombre de mains , disaient les fermiers à sir Gulson , mais la taxe ne nous laisse rien pour les payer. » Il nous faudrait copier toute l'enquête de 1855 , et tous les rapports des commissaires nommés pour l'exécution de la loi nouvelle , si nous voulions faire connaître en détail l'étendue et la profondeur de la misère britannique. Encore un fait pourtant que nous empruntons aux Annales Parlementaires. En 1850, dans la cité de Londres , cinquante familles assignées pour le payement de la taxe furent réduites à vendre leur mobilier et jusqu'à leur lit pour satisfaire le fisc paroissial (3). Cela ne

(1) First annual report of the poor law commis sionner '$ , 1835. — Rapport de Charles Mott.

(2) Le rapport où nous puisons ces faits résume ainsi son jugement sur l'administration de la taxe , dans le comté de Suffolk : « In some of » the hundreds of Suffolk, the entire poor law management is based » in fraud and supported hy perjury and déception.» Ibid., p. 169.

(3) Waittmann. Chambre des communes du 15 décembre 1830.

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