LIVRE I
on n'avait pas d'autre but, la loi Va complètement atteint. Nous allons dire par quels moyens.
Un amendement restrictif au principe de l'ancienne loi, qui reconnaissait le droit de l'indigent aux secours , contient en résumé toute la loi nouvelle , et c'est ce qui explique le titre tfamendment-bill qu'on lui a donné ; il est vrai que cet amendement, comme tant d'autres , équivaut à la complète abolition de la loi primitive. On a dit : La société regarde comme un devoir pour elle de soulager l'extrême misère , mais elle entend la soulager d'une façon telle, que l'aumône ne devienne jamais trop onéreuse. Tout pauvre qui justifiera , devant les officiers chargés de l'examiner, être dans les conditions de dénûment qui donnent droit à la charité légale , recevra , comme autrefois, le pain et le vêtement, avec la seule différence que maintenant il sera obligé d'aller les chercher derrière les murailles d'un work-house. Dans celte disposition est toute la loi. En principe, plus de distribution d'argent aux familles indigentes, pour suppléer au défaut ou à l'insuffisance des salaires; plus iïallowance , plus d'assistance à domicile , c'est-à-dire plus de charité , mais une maison de travail où l'on achète le pain de la charité légale au prix de la liberté. Dans ce système, on n'a plus en vue de soulager les souffrances trop souvent imméritées de la misère, mais seulement d'ouvrir un refuge aux malheureux qui ont peur de mourir de faim. La loi donne à choisir entre la privation de tout secours ou la maison de travail. Déjà , sans savoir encore ce qu'est le work-house, nous devons comprendre la réduction qui s'est opérée dans la misère officielle d'Angleterre ou plutôt dans le chiffre de l'impôt paroissial.
Le but de la loi est la suppression de tout secours à domicile [ont door relief) , c'est-à-dire, de tout secours hors de la maison de travail. Les commissaires chargés de son exécution font entendre clairement aux nouveaux officiers de l'administration des pauvres, que le résultat à obtenir est de dépaupériser l'Angleterre par la crainte de la maison de travail (1).
Le premier rapport de la commission et les instructions de l'administration centrale du paupérisme nous apprennent par
(1) Fini annual report, 1835.