‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 44 sur 224 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

enfants couchaient dans une même pièce avec des paralytiques, des phtysiques et des prostituées (1).

Grâce à la réforme de 1834, ces effroyables abus ont complètement disparu ; chaque catégorie de misère occupe une partie séparée de la maison, et les enfants abandonnés ou orphelins ne vivent plus à côté de la décrépitude; ils en sont séparés par des cloisons et des murs. Ce n'est pas encore assez sans doute, et les hommes éminents qui administrent le système des woi k-houses en Angleterre , comprennent que des misères aussi différentes demanderaient des établissements distincts. Ils multiplient, le plus qu'ils le peuvent, les maisons destinées spécialement à l'éducation de l'enfance délaissée, mais il ne leur est pas possible de réunir par mesure générale tous les enfants épars dans les work-houses.

Il est certain que l'acte amendé de 1834 a beaucoup amélioré la condition des vieillards et des enfants que la charité paroissiale entassait autrefois pêle-mêle dans des maisons hideuses qui étaient plutôt des égouts que des maisons de charité. Sous ce rapport, la loi nouvelle mérite les plus grands éloges, et fait honneur à la philanthropie de ceux qui l'ont proposée et de ceux qui l'appliquent, autant que, sous le rapport administratif, elle fait honneur à leur intelligence. C'est la première tentative faite avec succès , pour briser l'étroit égoïsme de la paroisse anglaise.

Cette loi, que nous avons sérieusement étudiée en action, sur les lieux mêmes , nous a frappé autant par sa sévérité que par sa sagesse. Bienveillante, quoique sans tendresse, pour la misère qui vient des infirmités ou de l'âge, elle a voulu être sans pitié pour la misère jusque-là la plus onéreuse à l'Angleterre , pour celle qui résulte de la suspension du travail , ou de l'insuffisance du salaire. Elle refuse de croire à cette misère-là , elle ne lui reconnaît aucun droit à être secourue , et voici comment elle procède envers elle :

En principe , elle fait du séjour dans le work-house la condition de la charité. Elle dit aux administrateurs des Unions , aux bureaux des Gardiens : Offrez à tous ceux qui réclament des secours l'entrée du work-house ; et , si vous accordez un soula-

(1) First annual report, p. 3o. Rapport de M. Hawley.

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