‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 72 sur 224 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

de la population : C'est comme toujours , répondiL-il ; on y meurt de faim comme d'habitude, people are perishing as usual.

L'enquête de 1855 (1) constate qu'un très-grand nombre d'individus sont morts par la privation d'aliments. Elle évalue à trois millions d'individus , le nombre de ceux qui sont exposés chaque année à tomber dans un dénûment absolu.

La condition de l'Irlande ne fait qu'empirer tous les jours. On croyait que ce malheureux peuple était arrivé depuis longtemps au dernier degré du dénûment , et chaque jour révèle une misère plus affreuse encore, et il faut à chaque instant reculer les limites où l'on pensait que la pauvreté devait s'arrêter. La dépense d'un paysan irlandais cultivant la terre , dit l'enquête, telle qu'elle avait été fixée par Arthur Young, en 1790, était beaucoup plus élevée qu'elle n'est aujourd'hui. Il l'évalue à 1 1 livres environ par an j à présent , son revenu ne doit pas dépasser six ou sept livres. Et c'est de l'Irlandais aisé que Ton parle ici, de celui qui obtient une portion de terre à cultiver, of a cottier's living, dit l'enquête.

En Angleterre , on est obligé d'arrêter comme vagabonds le plus grand nombre des Irlandais qui émigrent et de faire les frais de leur retour dans leur malheureuse patrie. Le comté de Lancastre dépensa en une seule année 450 livres (112,000 fr.) pour renvoyer des Irlandais (2).

Le paupérisme irlandais est un mal sans remède à moins d'une réforme radicale dans la constitution sociale de l'Irlande et même de l'Angleterre. Les réformes politiques, les réparations légales obtenues et espérées, les progrès économiques eux-mêmes sont sans action aucune sur la population de l'Irlande. « En Irlande, la terre produit une fois plus qu'il y a » 50 ans , et l'agriculteur est une fois plus misérable (3). » — « Des progrès merveilleux ont été faits au milieu de toutes nos » agitations politiques et autres , et malgré cela, la famine et » la détresse n'en sont pas moins périodiques parmi les paysans

(1) Foor Irish Inquiry. — 10 vol. in-folio.

(2) Westminster review, Revue Britannique, nouvelle série, 2 vol., avril 1832.

(3) De l'Irlande, Gustave de Beaumont, tome II, p. 12.

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