‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 86 sur 224 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

de se moquer de ee fameux décret comme d'une cruelle plaisanterie, et que ceux qui l'ont porté avaient l'intention sérieuse de le faire exécuter !

Il ne le fut jamais , parce qu'il ne pouvait l'être.... Un an après, une immense foule de peuple se portait aux abords de la convention , et l'orateur de la députalion admise à la barre de l'assemblée commençait en ces termes : « Le pain nous » manque, nous sommes à la veille de regretter tous les sacri- » fices que nous avons faits pour la révolution... » Du pain! du pain ! criaient éloquemment les pétitionnaires pour encourager leur porte-parole : — « Ne laissez pas flotter au milieu ■ de nous l'étendard de la famine, déployez tous les moyens » que le peuple a mis entre vos mains > et donnez-nous du « pain. Huit cents de nos camarades attendent votre réponse. » Jusqu'à ce que vous ayez satisfait à notre demande, nous a crierons Vive la république! » (1).

Les promesses faites par Barrère au nom du comité de salut public ont été funestes aux indigents de la France. La loi assurant ainsi à tous les individus du travail et des secours, la mendicité devenait un crime social contre lequel on était autorisé à prononcer les peines les plus sévères. Plus la loi était généreuse pour la misère, plus elle devait être répressive. Dans une société où chacun est à même de se procurer l'aisance par son travail , où la loi veille sur toutes les infortunes, les mendiants ne pouvaient être que de mauvais citoyens qui conspiraient contre le corps social et lui communiquaient la lèpre des monarchies. Malheureusement, la partie de la loi qui avait pour but de réprimer la mendicité comme un crime, était plus facilement applicable que celle qui promettait à l'indigence les bienfaits de la générosité nationale. Les mesures de répression furent appliquées , et elles sont restées dans le texte comme dans l'esprit de la loi , tandis que le système de charité qui les motivait en les justifiant, n'exista jamais que dans les décrets de ia convention !

La législation fut obligée de remettre peu à peu les choses dans l'état où elles étaient auparavant. Les lois des 7 oclo-

(1) Moniteur. Séance du 17 mars (27 ventôse). Hist. parlem. tome XXXVI, p. 236.

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