‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en FranceChapitre 91 sur 224 · SECTION IL · texte numérisé non relu

SECTION IL

Quelques mots sur la différence de la misère officielle en France et en Angleterre,

La France a donc aussi , comme l'Angleterre , une misère officielle , dont la loi reconnaît l'existence , et qu'elle entreprend de discipliner, puisqu'elle avoue qu'il n'est pas en son pouvoir de la détruire. Le gouvernement accepte le paupérisme comme un fait ; il l'administre plutôt qu'il ne le combat. Bien que les lois et ordonnances actuellement en vigueur ne reconnaissent pas à l'indigent le droit d'être secouru, nous n'en avons pas moins une charité légale. Les hôpitaux et les bureaux de bienfaisance sont-ils autre chose en effet que les moyens de répartition et les instruments de la charité légale? L'indigent malade n'est pas admis au lit de l'hôpital en vertu d'un droit absolu , mais sa détresse n'en constitue pas moins un droit , puisqu'on ne peut pas le laisser mourir sans secours.

Le paupérisme officiel n'occupe pas en France une place aussi large qu'en Angleterre. Chez nos voisins d'outre-Manche, il y a une législation spéciale, un code tout entier sur la misère. L'administration des pauvres est une branche du gouvernement, elle occupe un véritable ministère d'État. La commission de Sommer set-house dirige un mécanisme administratif aussi vaste , aussi compliqué que celui des plus importants ministères. Le secrétaire d'Élat de l'intérieur dispose d'un pouvoir moins étendu que la commission de la loi des pauvres 7 qui a droit de se faire obéir par toute l'Angleterre , et qui emploie un plus grand nombre d'agents. Les fonds dont <jlle surveille la perception et l'emploi égalent presque la

ir>o

Page 1