CHAPITRE VII
semaine ?» ou bien : « Je vais boire ceci à votre santé (1). » L'Angleterre avait donc l'abus de la charité. Qu'arrivait-il de là? Nous ne dirons pas comme certains économistes, que la loi des pauvres créait la misère, nous dirons qu'elle la mettait en évidence. La charité forcée des paroisses subventionnait assurément un assez grand nombre de fainéants et de mauvais sujets qui se dédommageaient ainsi du déficit que la paresse causait dans leurs salaires ; mais la grande majorité des misérables était amenée au bureau de secours par les causes générales que nous étudierons bientôt ; seulement , beaucoup d'entre eux qui , peutêtre, auraient souffert en silence et accepté les privations de la misère, s'il n'y eût pas eu un bureau public auquel ils avaient droit de s'adresser, venaient importuner de leurs demandes les magistrats de la paroisse.
A la faveur du système de îa taxe , presque toute la misère nationale passait dans les cadres de la misère officielle; de là le chiffre si effrayant , de là l'augmentation progressive du paupérisme anglais. On peut dire que tous les individus qui souffraient de privations réelles étaient portés sur les listes des paroisses. Toute pauvreté devenait misère et demandait soulagement, c'est-à-dire, que ce dénûment général qui , dans l'état économique de nos sociétés, est la condition habituelle du plus grand nombre, était difficilement accepté par les salariés d'Angleterre ; car, aux termes de la loi , ils se croyaient droit à un meilleur sort. Quel pays ne serait pas écrasé parla charge de ses pauvres si , comme cela était en certains comtés d'Angleterre, on fixait un minimum de salaire au-dessous duquel tout travailleur aurait droit à un certain supplément en monnaie, distribué régulièrement par les officiers de chaque localité? Dans le comté de Berks, à Neivbury, il était établi, depuis 1795, que, du moment où la farine s'élèverait au-dessus d'un certain prix, le pauvre recevrait une indemnité de trois francs par semaine. L'indemnité augmentait avec le prix de la farine , de sorte que le pauvre journalier venait s'informer innocemment chaque semaine s'il lui revenait quelque chose (2).
(1) Qualerly review, avril 1818.
(2) Voyez le rapport de Richard Hallq Esp, daté du 10 juillet 1835. First annual report, — Appendix.