SECTION III
Suite de la misère officielle en France.
Nous ne possédons pas malheureusement sur la misère française des documents aussi positifs que ceux que nous ont fournis pour l'Angleterre , les enquêtes du parlement et surtout les rapports annuels de la commission des pauvres. Les phénomènes du paupérisme occupent moins de place dans notre pays, il n'a pas exigé du gouvernement les mêmes travaux, et la société française a considéré jusqu'à présent celte question, plutôt comme embarras administratif, que comme un danger. Aussi ce serait en vain que nous demanderions aux documents officiels une statistique complète de la misère en France. Ils en constatent sommairement l'existence par les hôpitaux et les bureaux de bienfaisance ; ils ne peuvent en donner ni l'étendue , ni le degré. L'insuffisance de la charité de la loi, qui n'accorde des secours que dans le cas de maladie ou de détresse extrême , est compensée chez nous par l'habitude de la charité privée. Or, la charité pratiquée comme devoir individuel n'enregistre ni les offrandes , ni le nombre des pauvres sur lesquels elle les répand.