Q DE LA MORALE
aspect moral, il est le lien des sociétés humaines, le principe de la justice, le gardien des traités, le protecteur des suppliants. A ces attributs divers de Zeus correspondent ceux d'Athènè, sa principale énergie : née de la tête de Zeus, du sommet de l'éther, après labsorption de Métis, la fille de l'Océan, qui représente le mouvement des eaux et celui de la pensée, Athènè est la sérénité bleue du ciel, le principe du feu céleste et des eaux supérieures ; armée de l'égide, c'est-à-dire de la tempête, elle repousse les Titans, les vents terrestres; en même temps elle est la Sagesse et la Providence divine ; aussi présidet-elle aux arts de la guerre et à ceux de la paix. Mais aucun Dieu ne possède des attributs plus variés qu'Hermès, l'intermédiaire universel. C'est le fils de la nuit et du jour, de Zeus et de Maïa, le crépuscule du matin et du soir, le Dieu aux ailes rapides, le Dieu voleur qui dérobe les objets à nos regards, le Dieu bienfaisant des trouvailles inattendues. Il cache les vaches du Soleil dans la caverne de la Nuit, sa mère, et lorsque Apollon redemande ses vaches, il lui donne en échange les harmonies du matin et du soir, la flûte et la lyre, instruments aimés des bergers qui conduisent ou ramènent leurs troupeaux. C'est le meurtrier d'Argos, dans lequel on peut voir ou le ciel étoile ou la clarté blanche du jour ; avec sa baguette d'or, ce long nuage du couchant et de l'aurore, il endort et réveille tous les
êtres. C'est le passage du jour à la nuit et de la nuit au jour, de la vie à la mort et de la mort à la vie, le conducteur des songes et le conducteur des âmes, le messager céleste qui porte à la terre tous les bienfaits des Dieux, le grand interprète, la Parole divine, le Dieu de Téloquence et des relations sociales, des traités de paix, du commerce et du gain; il multiplie les troupeaux en unissant les mâles aux femelles, il marque la limite des champs et se plaît sur les. grandes routes où les hommes se rencontrent, sur les places publiques où il préside aux luttes pacifiques du corps et de l'esprit. Tous ces attributs, et bien d'autres encore, car nous ne pouvons entrer dans le détail de la symbolique, sont contenus virtuellement dans l'idée générale de transition, de lien et d'échange.
Mais les aspects multiples des symboles n'apparaissent pas toij^ours simultanément ; ils se dégagent quelquefois l'un après l'autre, et l'esprit des mythes se transforme dans le temps, quoique leur forme reste la même. Ces variations n'impliquent pas une idée d'erreur ou même d'incertitude : l'esprit humain est devant la vérité comme un peintre qui, devant la nature, trace d'abord de grandes li-^ gnes, ou distribue en larges masses l'ombre et k lumière; puis cette première ébauche se débrouille peu à peu, et les détails s'expriment plus nettement par un travail successif. Les religions prennent