‹ De la morale de PlutarqueChapitre 13 sur 91 · I. Ch. Lévêque, déjà cité · texte numérisé non relu

I. Ch. Lévêque, déjà cité

sous-entendue. On dirait toujours qu’il l’a énoncée, ou qu’il doit l’énoncer ailleurs. Il court à travers les questions, les effleurant au passage, sans prendre le temps ni la peine d’en donner explicitement une solution. En un mot, nulle part, dans aucun de ses ouvrages, il n’établit les fondements de la science à laquelle il s’était voué; il est peut-être le seul moraliste de l’antiquité qui n’ai pas agité le problème du souverain bien.

Ce n’est pas de ce côté que le portait son génie. Le métaphysicien aborde les questions de haut; l’abstraction est son domaine. Plutarque part de terre, et les vices et les vertus ne lui apparaissent d’ordinaire que personnifiés. Il ne disserte pas, il peint. L’exemple est sa forme de raisonnement. Aux déductions scientifiques il préfère les preuves de fait, aux démonstrations de principe, les règles de conduite. C’était pour les moralistes de son temps , un point controversé de savoir si une loi générale suffit à la direction de l’homme sans un code de préceptes, ou un code de préceptes sans une loi générale. Les uns tenaient pour inutile tout ce qui dépasse le conseil pratique. Les autres n’admettaient que l’utilité de la loi , laissant à chacun le soin d’en tirer des règles de conduite. D'autres enfin estimaient que les préceptes ne peuvent se passer de l’appui de la loi, ni la loi de l’éclaircissement des préceptes. Sans la racine, disaient-ils, les rameaux sont stériles, et la racine profite à son tour des rameaux qu’elle a produits \ Chez .Plutarque,

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