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Les provinces sous la République. — L’empire; bienfaits de la paix romaine. — Les traités politiques de Plularque. — De la meilleure forme de gouvernement. — De l'exil. — LS politique active de Plutarque. — • La vie municipale dans les provinces A l'avénement des Antonins. — Du patriotisme de Plutarque. Ce qu’il exige du magistral municipal. — De l’esprit de la conquête romaine. L’administration impériale : les Césars, les Antonins. Centralisation dissolvante; ses dangers.
C’est une opinion justement accréditée que les provinces saluèrent avec bonheur l’établissement de l’Empire 1 . Après ce que nous savons des exactions des magistrats de la République 2 , comment
1. « Neque provincial ilium rerum statum abnuebant, suspecto senatus populiqtie imperio ob certamina poteniium et avaritiam magistratuum, invalide legum auxilio, quæ vi, ambitu, paslremo pecunia turbabanlur. » (Tacite, Annales, I, 2). Cf. J. lipse: De magniludine Romana, liv. IV, ch. vm; Gibbon, Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain; Amédée Thierry, Tableau de l'Empire romain; Zeller, les Empereurs romains, etc. — 2.’ Cicéron, Verrines ; Discours contre Tison et pour Flaccus, lettres à Quinlus et
Lettres de Cilicie; Tite-Live, XXXIX, 42; Salluste, Catilina, 10. 12 ; Autu-Gelle, Nuits altiques, X, 5.
les peuples n’auraient-ils pas attendu d’un pouvoir nouveau un meilleur gouvernement? Le cri d’espérance s’éleva surtout de l’Orient, et c’est la langue grecque qui semble avoir servi de principal organé à ces protestations de soumission confiante l . Il était naturel qu’il en fût ainsi. On sait par Plutarque lui-même 2 à quel degré d’oppression l’Asie avait été réduite sous l’étreinte concertée des gouverneurs et des publicains ; et quand on calcule, d’après Cicéron, ce que la malheureuse province avait payé d’impôts ordinaires ou extraordinaires, depuis que Pompée, « fermant ses ports aux flottes des pirates, lés avait ouverts à l’invasion des compagnies de chevaliers, » on se demande, avec lui, « ce qu’on doit le plus admirer de ses misères sans égales ou de son inépuisable fécondité. » La Grèce n’avait pas été plus épargnée. Plus riche en monuments et en œuvres d’art qu’en ressources, elle était tout à la fois trop amollie et trop fière pour se faire une opulence à l’usage de ses vainqueurs. N’en pouvant rien tirer par le commerce ou presque rien, on la dépouillait, on la ruinait. ,
Assurément il serait injuste d’admettre, sans examen, tous les témoignages que nous a laissés l’antiquité sur les extorsions des publicains. En généralisant les faits, l’imagination des historiens et l’éloquence des orateurs en exagèrent parfois la portée. Dans tous les pays et dans tous les temps, les Verrès
1. Josèphe, Antiq.Jud.. XIV, x, 22-25; Pliilon, Lcgat. ad Caium,2\, 22, 39, 40 ; Appien, Hist., préface, 7; Ælius Aristide, Éloge de Home . —