De la Monarchie, de l’oligarchie et de la démocratie
naître celle qui vaut le mieux, afin que l'homme (l’État lui donne la préférence, ou, s’il ne peut suivre celte préférence, qu’il choisisse entre les autres formes celle qui en approche le plus 1 .
.Or Plutarque distingue trois sortes de gouverne- * ment : le monarchique, P oligarchique et le démocratique, qu’il définit par des exemples tirés de l’histoire. « Les Perses ont adopté la monarchie absolue, dit-il, les Spartiates, l’oligarchie aristocratique, les Athéniens, la démocratie pure 2 . » Après celle définition, on s’attendrait à le voir attacher sa prédilection personnelle à la forme républicaine, oligarchique ou démocratique. La république était restée, dans la grande école stoïcienne, l’idéal du gouvernement. Les vieux romains, Thraséas, Helvidius, Rusticus, Hérennius Sénécion, n’ignoraient pas, que l’étendue de l’Empire, non moins que l’état moral de la société romaine, n’en comportait plus le rétablissement; mais c’était la noble chimère de leur patriotisme : ils se plaisaient à l'entretenir. Il semble que nourrie aux mômes sources, l’imagination de Plutarque dût se bercer des mêmes rêves. Telles ne sont pas ses conclusions. D’abord, l’étude de l’histoire lui a montré les abus de toutes les formes de gouvernement : la monarchie dégénère en tyrannie, l’oligarchie en despotisme, la démocratie en licence ; excès qui sont tous également éloignés de la raison 5 . L’expérience lui a fait reconnaître aussi qu’il en est des gouvernements comme des instruments de musique, et que tout dépend de la main