De la Monarchie, etc., 1. — 2. ibid., 5. — 3. Ibid
LA CITE
qui s’en sert. « Un sage administrateur maniera habilement l’oligarchie lacédémoniennc, et saura vivre dans un parfait accord avec ceux de ses concitoyens qui lui sont égaux en pouvoir et en dignité; il s’accommodera de même à la démocratie, malgré la variété des ressorts qui font mouvoir celle sorte de gouvernement 1 . » Mais il est, à son gré, une forme supérieure à toutes les autres. « Si on lui donnait le choix, comme à un musicien entre les divers instruments, laissant les épinettes, les sambuces, les psaltérions pour s’en tenir à la lyre et à la harpe, » il ne balancerait pas à opter pour la. monarchie, « parce que seule, elle permet l’accord entre le pouvoir et la vertu. » Dans toutes les autres formes de gouvernement, l’autorité qui commandé est elle-même commandée, et le magistrat est toujours plus ou moins le serviteur de ceux dont il tient le pouvoir; il n’y a que le monarque qui ne dépende que de lui-même 2 .
On l’a reconnu, et, au surplus, Plutarque le déclare, cette doctrine est celle de Platon. C’est également de Platon qu’il tire les arguments sur lesquels il l’établit. On se rappelle l’admirable théorie de Platon sur la loi. Plutarque la reprend et se l’approprie à sa façon. « Qui est-ce qui commandera au prince? dit-il. La loi; la loi qui, suivant Pindare, règne sur les mortels et sur les immortels; -non une de ces lois qu’on écrit dans des livres ou qu’on grave sur le bois; mais la loi innée, la loi
qui vit au fond de la conscience de l’homme, la