‹ De la morale de PlutarqueChapitre 44 sur 91 · De la monarchie, etc., 4. — 2. Ibid · texte numérisé non relu

De la monarchie, etc., 4. — 2. Ibid

raison. Un des officiers du roi de Perse était chargé de lui dire chaque malin : « Prince, levez-vous et vaquez aux affaires dont Mésoromasde vous a confié le soin. Tout prince doit entretenir au dedans de lui le moniteur secret qui lui trace ou qui lui rappelle son devoir 1 . »

Mais qui éclairera cette raison souveraine? Ici Plutarque devance l’idée chrétienne, l’idée de la monarchie réalisée par Louis XIV dans sa plus auguste expression. La justice, dit-il, est la fin que la loi se propose; la loi est l’ouvrage du prince, et le prince est l’jmnge de Dieu. Dieu a mis, dans le ciel, le soleil et la lune, comme des représentations brillantes de sa divinité. Tel est, dans les villes, le prince. Dieu s’irrite contre les rois qui osent imiter son tonnerre ou ses rayons; mais ceux qui se proposent d’imiter sa vertu, ceux qui s’efforcent de reproduire, dans leur conduite, son esprit de bienveillance et d’amour pour les hommes, ceux-là, il se plaît à augmenter leur puissance, à les admettre au partage de sa raison ; il en fait ses représentants sur la terre 1 . Bossuet. Bourdaloue, Massillon, ont-ils porté plus haut l’idéal divin de la rovautê?

Le rapprochement peut ô(re poursuivi dans le détail du développement, sans trop de désavantage pour le moraliste païen. Les vertus qui, 5 ses yeux, caractérisent particulièrement et constituent, en quelque sorte, le pouvoir monarchique , digne de ce nom, sont la justice, l’activité, la modération. Ce rfest pas de l’injustice ni de l’indolence que Plutarque re-

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