‹ De la morale de PlutarqueChapitre 45 sur 91 · A un prince ignorant, 3. — 2. Ibid · texte numérisé non relu

A un prince ignorant, 3. — 2. Ibid

LA CITE

doute les plus graves dangers, c’est de l’emportement des passions 1 . 11 insiste sur ce point, comme sur le point le plus aisément vulnérable dans le cœur du prince. « Si les simples particuliers, quand la folie est jointe en eux à la faiblesse, ne peuvent causer de grands maux, il n’en est pas de môme de ceux chez lesquels la puissance seconde les passions. Quel plus grand péril que d’être exposé à vouloir ce qu’on ne doit pas faire, lorsqu’on peut faire tout ce qu’on veut 2 ! 11 faut que, chez le prince, la raison ait. acquis assez de force pour contenir la passion; il faut que le prince imite le soleil qui, parvenu à sa plus grande élévation, se meut avec lenteur 5 . » Cette majestueuse image ne semble-t-elle pas comme appropriée par avance à l’emblème de Louis XIV, et l’expression ne paraîtrait-elle pas heureuse dans la bouche de Bossuet, cherchant à prévenir par scs conseils les excès qui précipitèrent le grand roi?

Où la similitude des points de vue achève de se marquer, c’est dans l’esprit de la direction imprimée aux dépositaires du pouvoir monarchique. En effet, si la participation à la lumière d’en haut est le privilège de ceux qui sont investis du pouvoir, ceux qui ont reçu la consécration du pouvoir ne se rendent pas tous dignes de la participation à la raison divine. « La plupart des princes, par un effet de l’ignorance, imitent ces statuaires maladroits qui croient que leurs personnages paraissent plus grands, lorsqu’ils ont donné à leurs jambes une

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