‹ De la morale de PlutarqueChapitre 47 sur 91 · Ibid., 8 à H. — 3. Ibid., 8. Cf. 3. —0. Ibid · texte numérisé non relu

Ibid., 8 à H. — 3. Ibid., 8. Cf. 3. —0. Ibid

Je ne vis plus au milieu des partis, je ne me ruine plus en représentation vaine ; peu m’imporle, si celui à qui le gouvernement de la province est échu est violent et despotique; je n’ai , plus à subir ces ordres importuns : payez l’impôt, allez en députation à Rome, recevez le proconsul, remplissez celte charge publique... Vous regrettez le séjour des villes. Mais dans les villes, les bavards et les curieux sont à épier nos occupations «les plus secrétes ; les importuns nous arrachent de nos jardins et de nos maisons de plaisance, nous traînent de force sur la place publique et à la cour. Dans une -île, il n’est personne qui nous poursuive et nous sollicite, personne qui nous emprunte, qui nous réclame pour caution, qui nous oblige à appuyer ses brigues. C’est par affection pure que les meilleurs de nos amis et de nos parents viennent nous rendre visite; tout le reste du temps est comme sacré et inviolable, quand on veut et qu’on sait mettre à profit ce loisir 1 ... » L’île la plus favorisée du ciel est-elle ainsi à l’abri de toutes les importunités? Le conseil est-il aussi efficace qu’il parait senti? Du moins faut-il convenir que le tableau de ces misères, que le moraliste résume avec force, pouvait, en quelque mesure, adoucir, par la réflexion, l'amertume des privations de l’exil, sinon en amortir le premier et douloureux coup.

On goûte mieux encore la simplicité du langage de Plutarque, quand, à côté de ces pages sensées et naturelles, on relit quelques-unes de celles que Sénèque a

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