‹ De la morale de PlutarqueChapitre 49 sur 91 · Pensées de Marc-Aurèle, I · texte numérisé non relu

Pensées de Marc-Aurèle, I

LA CITÉ

maître de soi-même ; à tous enfin, qui lui avaient enseigné par leurs exemples, par leurs préceptes, par leur vie, à faire son métier d’empereur 1 . Ce que Marc-Aùréle rapporte à ses maîtres, ses maîtres auraient pu le rapporter à Plutarque. Le sage de Chéronée est l’un des premiers qui eût /ait entendre le male langage de la philosophie aux grands, en conviant les philosophes à ne leur point ménager les vérités utiles et à ne point s'épargner auprès d’eux. Il est le digne ancêtre des précepteurs du plus vertueux et du plus grand des Antonins.

Cependant, quel que soit l’attrait de ces traités didactiques, on sent que le cœur de Plutarque n’y est pas engagé. Les sujets qu’il y louche sont de ceux sur lesquels il a médité, non de ceux avec lesquels il est aux prises chaque jour; et nous avons hâte d’arriver à ces œuvres vivantes de direction qui replacent le sage de Chéronée au milieu de ses concitoyens.

Comme pour les questions qui sont la préoccupation constante de Plutarque, sa pensée politique est éparse dans tous ses ouvrages. 11 en est peu où il ne fasse allusion aux devoirs qui s’imposent au citoyen dans le municipe. Mais cette pensée est plus particuliérement développée dans les deux traités considérables qui ont pour titre : le premier, les Préceptes politiques; le second, Quelle part le vieillard doit prendre à T administration des affaires publiques. Ce sont donc ces deux traités que nous devons prendre pour fond de notre analyse et pour thème de nos observations.

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