‹ De la morale de PlutarqueChapitre 51 sur 91 · Ibid., 18 à · texte numérisé non relu

Ibid., 18 à

soins de ses concitoyens, et ce. qu’il se propose, ce sont les moyens de pourvoir à ces besoins.

Or, au milieu des entrainemenls qui perdaient les magistrats des petites cités, Plutarque voyait chaque joui 1 disparaître de la vie politique les principes de désintéressement, de dignité, de sage indépendance, .d'absolu dévouement, sans lesquels ç’en était fait, à ses yeux, des derniers restes d’une liberté qui lui était chère. Où était le péril, il se porte; et ses observations sür chacun de ces principes méritent d’être notées.

Si ce n’est pas l’amour du bien public qui vous pousse vers l’administration, dit-il, retirez-vous; vous n’êtes point digne d’y entrer ; il ne faut apporter aux atfaires ni cupidité, ni amour immodéré des honneurs. 11 y a des temples où il n’est permis d’entrer qu’après avoir déposé l’or qu’on porte sur soi. La tribune publique aussi est un autel sacré. S’y présenter avec la passion de l’argent, est un sacrilège. Tout homme qui s’enrichit dans l’administration de son pays, n’est pas moins coupable que celui qui. volerait les objets du culte ou qui pillerait les tombeaux l .

Plus honorable, sans doute, que la cupidité, l’amour déréglé des honneurs ne lui paraît pas, en réalité, une passion moins dangereuse pour le bonheur de la cité. Que le magistrat qui se voue aux intérêts de ses concitoyens n’en espère point quelque récompense, Plutarque connaît trop la nature humaine pour demander une vertu si haute. Mais on

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