‹ De la morale de PlutarqueChapitre 52 sur 91 · Préceptes politiques · texte numérisé non relu

Préceptes politiques

LA CITÉ

ne doit ni provoquer cette récompense, ni la chercher dans de fastueux insignes, peinture, buste ou statue, encore moins dans les distinctions obtenues d’un maître altier, qu’il flétrit énergiquement du nom d’honneurs déshonorants. Un décret public, une branche d’olivier comme celle qu’Épiménide reçut lorsqu’il eut purifié la ville d’Athènes : tels sont les seuls témoignages que peut légitimement ambitionner l’homme « qui combat dans l’arène de * l’administration publique, comme dans les jeux sacrés, non pour de l’argent, pour un prix, mais pour l’honneur, pour la couronne. » Les honneurs doivent être non le salaire, mais la marque du service rendu ; et le prix le plus glorieux auquel puisse aspirer l’homme d’État, c’est la confiance de ses concitoyens 1 .

A ce désintéressement doit s’allier chez le magistrat le souci permanent de sa dignité. Plutarque interdit au magistrat les moyens de popularité qui abaissent celui qui en use, non moiîis que ceux à l’égard desquels on les pratique. Il ne souffre aucune des largesses faites au peuple pour flatter sa paresse et sa sensualité. Il consent qu’un magistrat soit libéral, lorsque sa fortune lui permet de l’être ; il encourage même, il stimule cette générosité : c’est l’honneur du bon citoyen d’enrichir la cité qui l’a appelé à la diriger. Mais il exige que toutes les libéralités soient appliquées à un objet d’une utilité louable 2 . Il se défie de toutes séductions, même des séductions de

1. Préceptes politiques, 27. à 29. Cf. De l’utilité des ennemis, 11.—

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