De l’Inscription du temple de Delphes, 21; des Notions du
sens commun contre les stoïciens, 48 ; des Contradictions des stoïciens, 38; Cf. A un Prince ignorant, 5. — 2. De l’Inscription du tem-
ple de Delphes, 20; d’Isis et d’Orisis, 67. Cf. De la Cessation des ora-
cles, 29; de l’Exil, 5. — 3. D’Isis et d’Osiris, 45 à 48; V. Cudworth,
Intellectual System, Y, 43.
à son esprit, il l’expose, il l’interprète comme il lait toutes les autres; puis il passe, et en fin de compte, c’est à la doctrine de Platon qu’il s’arrête. Le dogme du Timée est son dogme. Au commencement, le mal régnait dans l’univers. Dieu y a introduit le bien, mais il n’a pu complètement en bannir le mal attaché à la matière; et c’est la puissance aveugle et malfaisante de la matière qui contrarie les effets de sa sagesse et de sa bonté 1 * * 4 .
Cause parfaite, Dieu veille à la perpétuité de l’ordre qu’il a établi. 11 ne peut être indifférent à une œuvre à laquelle il a donné, avec la vie, une partie de lui-même. 11 ne peut avoir tiré l’univers du néant, pour le détruire, comme un enfant qui s’amuserait à tracer sur le sable des figures qu’il effacerait aussitôt. Créateur et organisateur du monde, Dieu en est le conservateur et le père*.
Ce monde n’est pas infini. Une matière infinie ne peut coexister à un Dieu infini. Mais rien n’empêche qu’il y ait plusieurs mondes, cinq, dix, cinquante, cent, — sur ce point, Plutarque s’écarte de Platon, pour se rapprocher des Épicuriens, — régis par une seule volonté, dépendant d’un même
1. D’Isis et d’Osiris, 48, 56. Cf. De la Création de l'âme, 5, 6, 7; du Bonheur dans la doctrine d’Épicure, 21, 22, 25 à 50; des
Notions du sens commun contre les stoïciens, 11 à 21, 32 à 54; des Contradictions des stoïciens, 37 ; des Opinions des philosophes, 3 ;
de la Manière d’entendre les poêles, 6, 12; Vie de Paul-Émile, 34 à 36, etc. — 2. De l’Inscription du temple de Delphes, 21. Cf.
Propos de table, VIII, 2 ; de la Face qui paraît dans la lune, 13 à 15.
LE TEMPLE
maître 1 * * . Cette pluralité des mondes convient à la bonté et à la grandeur de Dieu*.
Quel que soit le nombre de ces mondes, Dieu les embrasse tous dans son regard. C’est rabaisser sa toute-puissance, que de l'enchaîner, comme la reine des abeilles, à un lieu déterminé. Il n’est pas besoin qu’il se transporte là où il lui plaît d’étendre sa main. Castor et Poliux ne s’embarquent point sur chacun des vaisseaux qu’ils veulent sauver de la tempête : du haut des nues, ils les remettent dans leur route. Dieu, du haut de l’éther, préside au gouvernement des mondes, et à leurs révolutions 5 .
Mais quel est le caractère de ce gouvernement et comment s’exerce-t-il? Quel lien rattache le ciel à la terre, l’homme à Dieu? De quel œil Dieu voit-il les désordres de la superstition et les égarements de l’athéisme? Nous sommes ainsi conduits à l’examen des deux questions qui nous occupent. Et si pour recueillir les principes qui pussent nous éclairer sur la direction générale de la pensée de Plutarque, nous avons dû, comme toujours, chercher un peu partout dans ses œuvres, ici le terrain solide ne nous fait pas défaut. Le traité de la Superstition et celui des Délais de la justice divine sont au nombre des meilleurs ouvrages que l’antiquité nous ait légués.
En rassemblant les traits qui nous ont servi à marquer l’état du paganisme, nous avons fait de nombreux emprunts à Sénèque, à Perse, à Juvénal, à
1. Questions platoniques, II; Propos de table, VIII, 2; de la Cessa-
tion des oracles, 25 à 26, 29, 30 ; des Opinions des philosophes, 5 ; du
Destin, 9. — 2. De la Cessation des oracles, 24 à 29. — 3. Ibid., 29, 50.
Lucien. Ce qui caractérise les peintures de ces moralistes, philosophes ou poètes, c’est que, plus ou moins, elles tournent toutes à la satire. Sénèque, comme Lucien, se raille des faiblesses dégradantes des superstitieux; c’est par le ridicule qu’il les frappe. Rien de semblable dans Plutarque. Il ne s’amuse point des travers de l’humanité; ce n’ést pas la première fois que nous en faisons l’observation. Le spectacle des misères de la superstition le touche. Il souffre de voir « ces malheureux en proie . à des charlatans qui les ruinent en consultations * et leur font passer des journées entières, la tête couverte de fange, la face prosternée contre terre, le corps accroupi dans des altitudes honteuses, à célébrer des fêtes lugubres, à observer des sabbats, à adorer des idoles 1 ; » il les plaint plus encore qu’il ne les blâme; il se fait un devoir, il a à cœur de les soulager. Et pour y mieux arriver, comme le médecin qui ne craint pas d’employer les poisons, faute de remèdes assez actifs, il a' recours à une comparaison entre la superstition et l’athéisme, dans laquelle il cherche à démontrer au superstitieux qu’il est plus malheureux et plus coupable que l’athée. Ce sont là les deux parties du traité de la Superstition. Il les développe avec une hardiesse et une vigueur d’expression singulières. Il découvre, il sonde, il presse, il fait saigner la plaie qu’il veut guérir.
Que l’athéisme, dit-il, soit la plus déplorable des erreurs, qui en doute? Celui qui ne croit pas à l’exis-