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En présence de toutes ces preuves, empruutées tant à la physiologie expérimentale qu’à la pathologie humaine, n’eston pas en droit d'admettre que, dans certaines limites encore à préciser, et, pendant un temps quelquefois assez long, la vie est compatible avec l’absence des bruits du cœur? La cessation de ces bruits peut-elle être donnée comme un signe infaillible de la mort? 11 va sans dire que tant qu’il est possible de les percevoir, si faibles qu’ils soient, la vie n’est pas éteinte; mais, de ce qu’on ne les entend plus, est-on autorisé à conclure que la mort est certaine? La réponse à cette question est tout entière dans les faits rapportés tout à l’heure et dans ceux que nous citerons plus tard.
Pour nous, s’il nous fallait définir la mort apparente, nous en tenant strictement à l’observation des faits, nous dirions que c’est cet état de l'organisme vivant dans lequel toutes les fondions paraissent abolies temporairement ou du moins ne se manifestent par aucun signe appréciable. Ou imaginera, si l’on veut, que la vie est alors virtuelle, qu elle existe en puissauce, profondément cachée dans l’organisme; cela importe peu, l’essentiel étaut de ne pas preudre ces métaphores pour des réalités.
Nous venons de dire: Abolition temporaire de toutes les fonctions. Suivant M. Bouchut, il faudrait faire une exception pour les fonctions cardiaques, véritable ultimum tnoriens, dont la persistance serait le dernier indice de la vie latente. Mais nous ue reviendrons pas sur une discussion où
nous croyons avoir opposé des expérimentations aux expérimentations, des faits cliniques aux faits cliniques de M. Bouchut (I).
Fodéré définit la mort apparente « la suspension de l’exercice de la vie par un dérangement quelconque des fonctions qui servent d’instrument à l’action vitale 2). » J’avoue humblement ne rien comprendre à ces fonctions servant
instrument à une action , et dont le dérangement quelconque suspend Y exercice de la vie.
Ollivier voit dans la mort apparente « cet état dans lequel les fonctions et les propriétés de la vie sont suspendues ou affaiblies au point de faire croire à la mort (3) *, » et il ajoute que, dans la mort apparente, qui n’est véritablement qu’une image de la mort, il y a suspension de la vie animale sans que la vie organique ait cessé. Mais que savons-nous de ces mystères de la vie organique?
M. Josat considère également la mort apparente comme « un état dans lequel les fonctions organiques persistent encore quand les fonctions de la vie extérieure paraissent anéanties (4). »
Mende (5) donne la définition suivante, qui est plus pratique : « Un état dans lequel la vie continue sans qu’il s'en » manifeste aucun signe extérieur ; le cœur ne bat pas, la » respiration est nulle, le cerveau sans action. »
(,1) N’est-il pas bien remarquable que ces mêmes bruits du cœur dont la première constatation, chez le fœtus, met un terme à cette période de la vie intrautérine, qu’on pourrait qualifier de latente, remettent en question la certitude de l’existence lorsqu’ils viennent à disparaîlre?
(1) Fodéré, Traité de médecine légale.
,3) Dictionnaire en 30 volumes 1 1. XX, p. 251, article Mout.
(4) Josat, p. 143.
(5) Siebold's Journal, t. X, p. 417.