‹ De La Mort Dans L'ÉrysipèleChapitre 17 sur 18 · DL T ER · texte numérisé non relu

DL T ER

cevait un peu de fluctuation, il s'écoule avec beaucoup de difficulté 150 grammes environ de serosité roussâtre.

La malade se sent soulagée et dit respirer un peu mieux.

À 3 heures du matin, elle allait bien. Mais à 6 heures, elle tombe en syncope et meurt. Température 380,8.

Autopsie, poumons congestionnés. Pas d'autres altérations.

Péricarde pariétal normal. Sous le péricarde visceral, on trouve quelques petites tâches ecchymotiques, dont l'une atteint les dimensions d'une pièce de 5 francs. Myocarde de coloration noirâtre. Rien aux valvules.

Foie, rate, reins congestionnés.

Au niveau du cou, il existe un œdème énorne du tissu cellulaire, ayant 8 à ro centimètres d'épaisseur. Cette œdème siège au niveau des régions antérieure et latérale du cou. Les mailles du tissu cellulaire sont infiltrées de liquide purulent; mais, nulle part, il n'existe de pus collecté. Par place le liquide n'est pas purulent, et semble être plutôt de la sérosité analogue à celle qui s'est écoulée par l’incision.

En haut l'infiltration s'étend autour de l’œsophage, et remonte jusqu’au niveau du voile du palais. Le larynx est sain. Pas d’œdème de la glotte, pas d’altérations de Ia muqueuse laryngée. Les pneumo-gastriques ne sont pas comprimés.

En résumé, nous sommes en présence d’une phlegmasie du tissu cellulaire du cou formant une véritable gangue autour de la trachée et de l'æœsophage.

Le fœtus, expulsé par la mère, à vécu 26 heures; il ne présentait rien d'anormal.

Les organes de la mère et ceux de l'enfant ont donné des cultures de streptocoque pur.

RSR

Nous avons vu survenir aussi parfois des parotidites, mais les complications de beaucoup les plus terribles, sont les complications méningées.

Elles arrivent, en général, sournoisement. Le malade se plaint de céphalées frontales qui bientôt deviennent très vives et persistantes.

Quelquefois on trouve un léger écoulement d'oreille; ou bien en regardant le malade on s'aperçoit qu’ilprésente un peu d'exophtalmie: on cherche un signe qui permette de se convaincre que la complication est peu grave; on explore l'œil: le malade accuse une douleur profonde; dès ce moment tout est perdu; il ne reste plus qu’à assister à l’évolution du mal qui va emporter le malade, sans qu’on puisse rien faire pour lui éviter la mort.

Oôservation. — G..., âgé de 22 ans, journalier, entre à l'hopital le 18 février. Ce jeune homme, toujours bien portant jusqu'à présent, a été pris le 15 de ce mois d’un malaise assez intense, avec angine et cOryza; puis est apparue à l'angle interne de l'œil droit une plaque d'érysipèle qui, aujourd'hui, occupe toute la face. Le cuir chevelu est douloureux, ainsi que la nuque et le haut de la poitrine, où s'étale une teinte scarlotiniforme.

Rien au cœur ni aux poumons. Pas d'albumine dans les urines.

20 février, le malade n’a pas dormi, il aeu un peu de délire, il se plaint de douleurs dans le dos et le ventre et surtout au niveau des espaces intercostaux. L'érysipèle ne sest pas étendu. L'œil droit est plus gonflé: Céphalée violente.

Oo

Réflexe patellaire très diminué. Réflexe crémasterien conservé.

La sensibilité tactile est très diminuée, surtout sur les membres et le tronc.

Albumine dans les urines. Température 30,7.

21 février, à l'œil droit existe du chémosis; seule la conjonctive de la paupière inférieure y prend part, et vient saillir sous forme d'un bourrelet infiltré. L'æœil n'est pas injecté; le malade y voit un peu trouble. L'anesthésie persiste ainsi que l’albumine. Pouls 108.

22 février, nuit agitée, chémosis de l'œil gauche; à droite il y a de l’exophtalmie. La vision est moins nette. Mouvements des globes oculaires limités. La pupille réagit encore à la lumière. Ganglions du cou gros et douloureux. Respiration fréquente. Inspiration pénible. Petite toux continuelle. L’anesthésie persiste. Douleurs spontanées dans les régions hépatique et épigastrique. Albumine dans les urines. Pouls petit 138. La température monte et dépasse 400.

23 février, à partir de 11 heures du matin, délire plus agité. Marmottement incompréhensible, continuel. Respiration rapide, haletante, courte. Pouls excessivement rapide, irrégulier. Raideur de la nuque. Pas de convulsions, pas de vomissements. Le ventre est nornial. Raies méningitiques.

Urine foncée, albumineuse.

Dès 8 heures du soir, la rigidité devient générale. Le malade ne bouge plus. Rétention d'urine. Le malade meurt dans cet état à 3 heures du matin.

Autopsie, rien au Cœur.

Aux sommets des poumons on trouve quelques tubercules enkystés, adhérences. Congestion aux bases. Un peu de liquide et quelques fausses membranes dans les plèvres.

Reins un peu congestionnés.

Intestins distendus.

Foie un peu gros.

Le cerveau est congestionné. Il n'y a pas de ramollissement. Le sinus longitudinal est normal. Les deux sinus Caverneux sont thrombosés. Dans le sinus droit le thrombus est purulent.

La veine ophtalmique droite est thrombosée: le caillot n'est pas continu, mais segmenté et forme en quelque sorte un chapelet.

La veine ophtalmique gauche est libre.

Parfois la propagation aux meninges se fait par les voies

auditives. C'est le cas de la femme P..., âgée de 42 ans.

Observation. — Cette malade fut amenée dans le service presque mourante, le 28 mars 1895. Les parents racontèrent qu'elle avait eu de l'érysipèle de la face depuis quelques jours ; qu'elle avait souffert de maux de tête violents; elle s'était plainte de son oreille droite, qui avait coulé ; enfin, elle avait presque complètement perdu connaissance ; une fois rentrée dans le service, elle ne sortit d’ailleurs plus du coma. Résolution complète. Respiration de Cheyne-Stokes. 45 à 50 inspirations par minute.

Pouls petit, irrégulier; 130. Température 4094.

Reflexe rotulien diminué. Sensibilité presque totalement abolie. Strabisme interne de l'œil droit. Reflexe cornéen presque aboli des deux côtés. Mydriase à droite ; les pupilles réagissent à peine à la lumière.

Incontinence d'urine et de matières fécales. Sucre dans l'urine. Taches de purpura sur le Corps.

La malade perd assez abondamment en rouge.

Elle meurt à 6 heures du matin, le 29 mars.

Autopsie : Poumons congestionnés.

Cœur chargé de graisse, Rien aux valvules.

Foie gros: 1675 grammes ; congestionné, surtout à la partie antérieure du lobe gauche.

Rate grosse et diffluente,

À l'ouverture du crâne, on constate à la partie antérieure de la scissure interhémisphérique, la présence de fausses membranes; on en trouve aussi, mais en moins grande quantité, sur les lobes frontaux et dans la scissure de Sylvius.

Les sinus transverses sont pleins de pus.

Au niveau de la fosse occipitale droite il y a une quantité notable de pus qui forme un revêtement de deux millimètres d'épaisseur environ.

Le quatrième ventriculé est plein d'un liquide séropurulent, ce qui explique la glycosurie signalée dans l'observation.

Il y a aussi du pus autour de la partie supérieure de la moëlle.

L'autopsie de l'oreille interne gauche ne montre aucune lésion ; mais à droite en trouve toutes les cavités auriculaires

remplies de pus.

Chez un autre malade que nous avons observé, la propagation s'est faite par les sinus frontaux.

C'était un jeune homme de 18 ans, qui était atteint lui aussi d’un érysipèle de la face. Cet érysipèle évolua normalement; mais au bout de quelques jours la température continua à monter. Le malade alors devient en peu de temps très méchant. Puis il fut pris de délire; la nuque et les membres devinrent raides; contractions toniques des muscles de la jambe gauche. Inégalité pupillaire. Respiration de Cheyne-Stokes. Rétention d'urine. Mort.

À l’autopsie, on trouve tous les organes sains, sauf les reins qui sont congestionnés, et le cerveau; sur le lobe

HT, Ed

frontal de l'hémisphère droit, on trouve un abcès qui intéresse surtout la partie supérieure de la circonvolution frontale ascendante. La cavité de l'abcès n'est pas profonde et ne pénètre pas jusqu’au ventricule, La paroi postérieure des sinus frontaux est rugueuse, dépolie, et présente de petites fistules ; on les ouvre, et on tes trouve tous deux pleins d'un pus épais.

Les ensemencements donnèrent du steptocoque.

Telles sont quelques-unes des complications les plus fréquentes que nous avons pu observer.

I peut assurément en survenir bien d’autres ;. le streptocoque est en effet un germe si répandu, sa virulence peut être telle, que les moindres circonstances pathologiques, font de lui l'agent d’une complication mortelle. R

Ce que nous avons voulu montrer, en rapportant ces quelques observations, c’est que la mort, dans chacun de ces cas, revêt des caractères particuliers ; elle se différencie alors du type classique de la mort dans l'érysipèle : elle survient au milieu de Symptômes de méningite, de néphrite, ou de telle autre maladie nettement localisée à n'importe quel organe, |

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