OBSERVATIONS ET BIBLIOGRAPHIE
J’ai cru devoir réunir les nombreux matériaux recueillis sur ce sujet, et les diviser en plusieurs parties, répondant aux chapitres de la partie didactique ; je pense qu’il y aura ainsi un plus grand intérêt dans la lecture de cette partie de mon travail, en même temps que le lecteur pourra s’y reconnaître très facilement.
De plus, un certain nombre d’indications sont de véritables résumés d’observations, leur intérêt m’ayant fait juger que je ne devais pas me contenter d’une simple mention. Elles entrent donc tout naturellement dans le cadre des observations.
A. Observations de bSessttres accidenteiles.
I. Fracture de l’humérus. Mort au cinquième jour. Cancergénéralisé (personnelle). Voir page 16.
II. Fracture du péroné et cancer du foie. Mort. (Communiquée à M. Yerneuil, par P. Méricamp, interne des hôpitaux). Car..., âgé de 53 ans, entre le 10 décembre 1879, â l’hôpital de la Pitié, salie Saint-Gabriel, 43, service de M. Polaillon.
Le 8 décembre au soir, le malade, homme de bonne apparence et de haute taille, fait une chute dans un escalier. 11 ressent aussitôt une vive douleur à l’extrémité inférieure de la jambe gauche, et perçoit un craquement à ce niveau; cependant il se relève et cherche à vaquer à ses occupations ordinaires. Mais la douleur persiste; l’usage du membre est pénible, et C se décide a rentrer â 1 hôpital où il se rend à pied.
Etat actuel. La région de la malléole externe est faiblement tumé-
fiée et sans ecchymose; point de déplacement; une douleur circonscrite existe à la base de la malléole, et par les manœuvres ordinaires, nous percevons delà crépitation osseuse. Le diagnostic n’est donc pas douteux : fraclure très simple de l’extrémité inférieure du péroné ; pronostic favorable .
Cependant les réponses du malade nous ont frappé par leur hésitation et leur incertitude; l’état général paraît altéré ; il existe une teinte subictérique des téguments. Le foie est énorme, il a envahi l’hypochondre gauche et descend à 2 centimètres au-dessous de l’ombilic. Sa forme n’est pas altérée; pas de bosselure, légère douleur à la pression; ascite minime, mais appréciable. Pas d’œdème des membre inférieurs. La rate paraît aussi augmentée de volume ; les autres viscères semblent sains. Il s’agit donc d’un hépatique, et le pronostic devient grave.
Interrogé sur ses antécédents, le malade se défend avec énergie de toute habitude d’alcoolisme; il ne serait indisposé que depuis trois semaines, ayant du dégoût des aliments, de la viande en particulier. Cependant il n’a jamais interrompu son travail, et s’il pouvait marcher, il travaillerait encore, dit-il.
Le lendemain 1 ! décembre, à la visite, M. Polaillon diagnostique un cancer du foie, et porte un pronostic fatal. La teinte subictérique devient un ictère franc ; à l’hésitation de la parole succède le subdélirium; le malade se lève pendant la nuit du 12 décembre et marche dans la salle. L’amaigrissement se prononce, les traits se tirent, les joues s’excavent.
L’ascite augmente en notable proportion, et masque en partie le foie ; la douleur est vive, surtout au niveau de l’ombilic; le thermomètre monte à 38° et se maintient pendant plusieurs jours à ce niveau. Puis le 18 décembre il descend à 36°, 4, le pouls ayant gardé ses caractères normaux. Sur la face interne des cuisses, se fait un éruption confluente de taches sombres, tranchant sur la teinte jaunâtre des ligaments, à contours irréguliers et fondus, et dont la plupart ont la dimension d’une pièce de 50 centimes. S’agit* il d éphélides hépatiques ou d’éruption cachect que (Verneuil et Tremblez) ?
A peine ces taches ont-elles commencé à se desquamer par leur centre que le malade épuisé, ayant la langue et les lèvres fuligi-
neuses, meurt dans le collapsus pendant la nuit du 19 au 20 décem bre, onze jours seulement après le traumatisme,
Les urines ont laissé tous les jours se déposer un abondant précipité d’acide urique.
La fracture n’a présenté aucune complication, malgré les imprudences du malade au moment de son délire.
A l'autopsie , on trouve un foie pesant 3 k. 500, infiltré de cancer dans toute son étendue, sans bosselures marronnées. Bien que ces caractères soient ceux du cancer secondaire du foie, il nous est impossible de trouver l’organe ou le tissu primitivement envahi.
Rate volumineuse, mais non dégénérée; pas de cancer du péritoine. Liquide ascitique transformé en glaçons par le froid.
La fracture en Y ne présente rien de particulier ; les fragments sont dans une coaptation parfaite. Il n’y a pas de trace de commencement de consolidation.
IL — Fracture compliquée de plaie des deux os delajambe. Mort au bout de dix jours. Cancer de l’estomac ( Bourras. Du pronostic des fractures chez les cancéreux Th. Paris, 1879, p. 12.)
IV, — Fracture du fémur. Mort le septième jour. Noyaux cancéreux dans le poumon, la plèvre et le foie. (Bourras. Loc, cit. , p. 15.)
Y. — Ostéosarcome du maxillaire inférieur. Ablation. Symptômes de cachexie. Fracture du fémur. Mort le quinzième jour. (Bourras. Loc. cit., p. 17.)
VI. — Homme de 45 ans. Ulcération du pied inutilement soignée par les topiques et la cautérisation. Amputation un peu tardive. (Août 1866.) — Apparition d’une tumeur à la cuisse, avec ganglions fluctuants. Fracture spontanée le 4 octobre, sous-trochantérienne. Mort dans le collapsus six jours après. A l’autopsie, noyaux cancroïdaux dans la plèvre et les ganglions bronchiques du côté droit. (Fischer et Waldeycr, Arch. für Klin, chir., XII, p. 858.)
B. Observations de trautnatistne ctiirurgicaï .