‹ De la mort subite dans l'état puerpéralChapitre 11 sur 27 · OK LA MORT SUBITE · texte numérisé non relu

OK LA MORT SUBITE

Les signes de la rupture du cœur ou d'une anévrystne inlerne sont , chez la femme grosse ou nouvellement accouchée, les mêmes que si Tétat puerpéral n'existait pas. C'est dire quils sont très fugitirset presque insaisissables. Dans les faits qui viennent d'être rapportés, il n*y a guère eu à noter qu'une douleur précordiale, plus ou moins vive, qui a même quelquefois donné la sensation d'une rupture interne ou s'est accompagnée du pressentiment de la fin prochaine. Celte fin est presque toujours alors si instantanée, qu'on n'en peut véritablement saisir aucun symptôme précurseur constant. Cependant, dans le cas ou la vie durerait encore quelques minutes, il y aurait décoloration extrême de là face, sentiment d'angoisses inexprimables, et peut-être aussi des codvulsions, comme dans le fait de M. de Pélago. Dans les cas de rupture du cœur, la promptitude de la mort ne doit pas être attribuée à TalkNidance de Thémorrhagie, mais bien à la compression brusque du ceeur par l'épanchement de sang qui se fait dans le péricarde. Aussi, lorsque cet épanchement se fait lentement, soit que la rupture ait élé très étroitCt soit que sa lumière ait été obstruée par un caillot^ la vie peut se prolonger plusieurs heures et même plusieurs jours. Mais il ne fau* drait pas inférer de là que lorsqu'il y a rupture du cœur, la mort Survient toujours par compression mécanique de cet organe ; il y a aussi une lésion vitale, qui, dans presque tous les cas, paralyse l'action du cœur, avant même que le sang ait eu le temps de s'épancher dans le péricarde en quantité suffisante pour arrêter mécaniquement les battements de l'organe. Dans cette lésion, la mort est presque toujours in« stantanée, et elle ne l'est peut-être pas moins que dans la syncope idiopathique, qui n'est autre chose que la paralysie essentielle du cœur. Le diagnostic différentiel de ces deux affections est donc très difficile à établir. Dans les cas où la mort ne serait point aussi prompte, on pourrait aussi confondre une rupture anévrysmale avec une apoplexie cérébrale, mais dans l'apoplexie la face est moins décolorée, et il y a des phénomènes de paralysie qui n'existent pas dans la syncope.

L'elistence antérieure d'une maladie du cœur, l'obésité, sont des circonstances qui pourront feire craindre, pendant la couche, quelque accident sérieux du cêté du cœur. Dans ces cas, il ne sera pas prudent de confier la délivrance à la nature, si elle doit être longue ou diHicile. Après l'accouchement, on devra veiller à ce que la femme ait un grand

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calme et qu'elle ne fasse pas de mouvements désordonnés qui seraient de nature à activer la circulation. Lorsqu'une rupture du cœur a lieu, la mort est si prompte d'ordinaire qu'il n'y a rien à faire. Mais, si pourtant une femme venait à accuser subitement une douleur précordiale avec sensation de rupture, si sa figure pâlissait, si son pouls se déprimait, il faudrait, avant tout, la tenir dans la plus grandeimmobilité pour ne point hâter l'instant de la mort. Le diagnostic ne porterait alors en réalité que sur deux affections; la syncope par rupture du cœur et la syncope idiopathique; la première est fatalement'' mortelle, et je ne connais aucun exemple de guérison de la seconde, lorsqu'elle est portée à ce degré, de sorte qu'il est plus que probable que le médecin, ne pourrait mieux faire que d'assister à la mort de sa malade. Cependant, il serait indiqué alors d'essayer le traitement ordinaire de la syncope, ce serait le seul, qui, au cas qu'il n'y eût pas de rupture, pourrait, à la rigueur, avoir quelque heureux résultat.

En résumé, lorsqu'une femme en couches meurt très soudainement, la cause de la mort peut être une rupture anévrysmale ; on ne saurait presque jamais prévoir chez elle ce genre de mort, et l'on ne peut alors porter aucun secours à la malade. En pareil cas, la cause de la mort doit presque toujours rester inconnue, à moins que l'autopsie ne la révèle. L'état puerpéral n'a qu'une influence indirecte sur les ruptures du cœur ou des gros vaisseaux. Lincertitude du diagnostic, la rapidité de la mort, la presque impossibilité de prévoir l'événement, à moins qu'il n'existe une affection du cœur, très avancée chez la malade, sont autant de circonstances qui font rentrer cet accident dans le cadre de ceux dont Tétude fait l'objet de ce travail. Il est, en effet, probable que plusieurs femmes en couches sont mortes par cette cause, sans qu'on l'ait jamais soupçonnée.

S If. — Affections da cœur dont la nature est restée indéterminée on qni ne se

terminent pas fatalement par la mort snUte.

Obs. X. — Mort à peu près subite par suite de péricardite. — Le docteur M'Gowan a commnniqné à la Société médicale d*fidimboarg le fait suivant : « Une femme de vingt et nn ans, primipare, dont les dooieurs n^étalent pas de très lionne nature, fut prise d*une oppression très pénil>le et d'une douleur à la région sous-mammafre gauche. La face était œdémateuse ainsi que les extrémités inférieures. Pendant deux jours les douleurs furent éloignées; le troisième jour, Toppresslon et la douleur de côté devinrent plus vives ; le pouls passa de qnatrc-

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