HE LA MORT SUBITE
cope, en admetlant que peu d*air fut cnlré. Mais Ton a vu, par ce qui précède, que ce n'est pas toujours l'air extérieur pur qui pénètre dans le système veineux; c'est le plus souvent un gaz développé spontanément dans Tulérus, par suile d'une sécrélion morbide de cet organe, et, dans ce cas, il n'est nul moyen de s'opposer à Tintroduction de ce gaz. Si pourtant il existait un physomètre manifeste, il serait peut-être utile d'introduire l'extrémité d'une pompe à air dans l'utérus et d'essayer de vider Torgane. Mais un tel moyen ne saurait être employé qUe dans un bien petit nombre de cas, puis il amène des lenteurs et exige un appareil qu'on n'a pas toujours <à sa disposition.
Le traitement ne saurait donc, en définitive, être autre que celui de la syncope pure et simple. Solliciter vivement les contractions du cœur par des frictions, des massages, des pressions méthodiquement exercés, favoriser l'accès du sang au cerveau en étendant la malade horizontalement, faire respirer des odeurs fortes, donner de l'air et faire rougir bien vite la première tige de fer qui vous tombe sous la main, afin d'appliquer quelques boutons de feu à la base du cœur et au creux épigastrique, tels sont les moyens qui me paraissent devoir être exclusivement mis en usage. La saignée, en désemplissant les vaisseaux, ne ferait qu'aggraver l'accident, et d'ailleurs nous avons vu que presque toujours une hémorrhagie, ou tout au moins un état anémique, avait précédé l'introduction de l'air, la saignée me semble donc tout à fait contreindiquée.
Si l'on avait affaire à un développement spontané de gaz dans le sang^ et qu'on pût le reconnaître à quelques-uns des symptômes sus-indiqués, on devrait encore s'en tenir aux mêmes moyens. La saignée me paraît encore ici rontrc-indiquée, d'abord parce qu'elle ne peut que prolonger la syncope, qui est le symptôme qu'il faut combattre tout d*abord ; en second lieu, parce que, dans ce cas, où il y a bien évidemment décomposition du sang, on s'exposerait à hâter le mouvement de décomposition, en retirant une portion de ce liquide. Le gaz, moins comprimé, se dilatera davantage d'une part, puis les organes, ne recevant qu'un sang altéré et le recevant en moindre quantité, éprouveront à son contact une excitation d'autant plus insuIGsante, ou du moins dautant plus anormale, que ce sang sera à la fois plus altéré et en quantité moindre. Ou conçoit, en elTet, que si la masse du sang qui se
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rend à un organe doit exciter comme deux , et qu'en raison de raltération qu'elle a subi elle n'oxcile plus que comme un, il faut, loin de diminuer la masse du sang, chercher à Taugmenter, aQn de rétablir Texcitation normale. On peut, il est vrai, supposer qu'en raison de TailératioD qu'il a subie, le sang peut produire une excitation anormale, d'autant plus fâcheuse qu'il est en plus grande quantité, et qu'en retirant une partie de ce liquide on aura chance de diminuer les accidents qu'il produit, tout en diminuant aussi son action physiologique normale. Mais ce raisonnement n'est point applicable à la syncope. Le sang est Texcitaleur de nos organes : s'il est altéré ou s'il contient un poison , il devra avoir sur eux un effet spécial, stupéfiant, d'autant plus prononcé que sa masse sera plus diminuée , car le poison sera moins étendu. Ainsi, pour ces diverses raisons, je crois la saignée très contraire dans tous les cas de syncope, que celle-ci soit le résultat de l'introduction artificielle ou mécanique de l'air dans les veines, ou que cette syncope soit le résultat d'un développement gazeux spontané dans ces vaisseaux, ou qu'elle soit due à toute autre cause.
Les phénomènes d'asphyxie ou de paralysie, ou bien encore les convulsions, lorsqu'ils se présentent dans ces cas, n'aggravent pas le pronostic, au contraire, car alors la mort n'est pas instantanée, et l'on a un peu plus de temps pour agir. On aura recours, si on le peut, et suivant l'occurence, à la respiration artificielle, à l'ingestion do quelques boissons fortement stimulantes, etc. L'électricité doit être un grand moyen dans tous ces cas, mais il est presque toujours impraticable, le praticien n'a pas un appareil dans sa poche. D'ailleurs ceux qui ont quelque efficacité sont d*un prix tellement élevé, et demandent tant d'habitude pour être bien maniés, qu'ils resteront longtemps encore la propriété exclusive de quelques hommes qui en feront leur spécialité. Ce n'est point là un moyen pratique et qui soit à la portée de tous.