‹ De la mort subite dans l'état puerpéralChapitre 16 sur 27 · NERVEUX · texte numérisé non relu

NERVEUX

Toute lésion matérielle grave des centres nerveux doit infailliblement se terminer par la mort, mais il est rare que celle-ci soit tout à fait su-

bile. Dans les diverses formes de Tapoplexie et de la conf|[estion oèré'* bral^, qui sont colles de toutes ces affections qui se terminent lepUm promptement, la mort n'est pas immédiate, à moins que Tépanclieniaffit n'ait eu lieu dans la protubérance ^ et qu'il n'ait son siège à ce pMit précts, inscrit dans le Y des pyramides, auquel lM. Plonrens a^donnèlB nom de nœud vital (1). Dans ce cas, la mort est tout à fait subtl^i Devergie en a fait connaître un exemple. Nais, en toutes autres circea^ stances, la rapidité de la mort dépend d'un certain nombre de circonstances dont la réunion fait souvent la gravité. Ainsi, lorsque TépanelM^ ment est réuni en foyer, il doit occuper non-seulement l'une des parties des centres nerveux, dont Tintégrité est indispensable au maintien de.ki vie, mais il faut encore qu il soit assez considérable poury siispemlri fout d'un coup l'action nerveuse par suite de la compression ovdes lacépartrons qu'il exerce. S'il en est autrement, le malade vit quelques beure0« souvent quelques jours; il peut même guérir. Dans l'apoplexie diffuse*, la mort n'est également subite qu'à la condition que la pulpe cérébrale soit, dans sa plus grande partie, imprégnée de sang ou desérosMé^ car dans ces deux cas le cerveau est en quelque sorte distendu* mielécules à molécules, et il arrive un instant où cet état d'écartement n'est plus compatible avec les fonctions nerveuses qui sont alors anéanties» Quel* quefbis pourtant, lors même que h mort a été fort promfie, oo ne trouve à Tanlopsie qu'un degré d'hypérémie si léger qu'ooa pei»e à lai fapporter la gravité des accidents et la rapidité de la mort; c'est qu'en effet celle-ci s'explique alors bien plus par une modificaltdndynamiqiit que par une lésion matérielle.

L'apoplexie môningienne donne lieu aux mêmes effets que l'apoplexie cérébrale proprement dite. Ici encore il y a compression rapide du cerveau ou de la moelle, quelquefois des deux ensemble, soit de dehors en dedans, quand les membranes périphériques ont fourni le sang ou la sérosité, soit de dedans en dehors, quand les ventricules sont remplis de l'un ou de l'autre de ces liquides. Mais, dans ce dernier cas, il existe presque toujours en même teuaps une apoplexie diUuse, el l'on trouve la substance nerveuse comme infiltrée.

Les autres affections du cerveau ou de ses membranes, Tinflamma-

(I) Recherches escpérifnentules sur les fonctions du système nerveuœ^ I^ris, f 8A2.

DA»S Jl'ÉTAT puerpéral. g^

tiouj ic ramollissement, ^Ic, peuvent encore, dans quelques circon* stances, déterminer la mort subite; mais celle-ci est alors bien plus le résultat d'une lésion dyfiamique déterminée par ces maladies que celui «16 la lésion organique elle-même, qui, bi^n que très étendue ou très 4iig4iê d'iàïïs sa marche^ n*amène la mort que d'une manière graduelle et souvent lente.

11 est bien certain que les choses se passent dans l'état puerpéral comme en dehors deeet état. Il s'agit d(mc de savoir si celui-ci ne prédispose pas les femmes aux aiïectioBs cérébrales qui sont de nature à <léterminer la mort subite, ou bien encore si, lorsque ces affections existent, leur marche et leur termiiuiison peuvent être ijiflueucées par le fait d^iiapuerpéralité. "Quelquefois, disent Frank et Mahon, au milieu des violentes douleurs qui semblent naître de l'aocouchement, et en même temps l'avancer, la mère est subitement frappée d'apoplexie, cel4e apoplexie est produite par l'interruption du cours du sang, et surlgiul par la compression de l'aor.te ascendante, ce qui force les fluides de s'accumuler dans les vaisseaux de la tête, de les dilater outre mesure, et de briser ceux du cerveau, que leur extrême fragilité empêche de résisler« D'autres fois, la dilatation des vaisseaux comprime les nerfs, ou bien ceux-ci, lorsqu'ils sont très irritables, sont excités par la violence des douleurs au point que les convulsions qui s'ensuivent arrêtent la circulation dans un organe essentiel à la vie (1). » MM. Larcher et Menière (2) ont aussi insisté sur l'influence de la grossesse et de Taccoucbement, comme cause prédisposante a l'apoplexie cérébrale. Maygrier, au contraire, a combattu cette 0[)inion devant l'Académie^ et il ne croit nullement que la grossesse puisse prédisposer à l'apoplexie. Mais il est vraiment difflcile d'accepter l'opinion de Maygrier dans toule sa rigueur, quand on se reporto à l'état de la circulation chez les femmes grosses^ et qu'on tient compte des phénomènes de compression si multipliés qu'elles présentent. Ce sont là, en effet, deux causes générales tiès efflcaces de congestion sanguine ou séreuse. Celle du poumon n'est pas rare; celle de la face est très commune : il est peu de femmes qui, au cours de leur grossesse, ne se plaignent d'avoir le sang porté à la tête, qui n'y éprouvent quelquefois des pesanteurs, qui n'aient de temps à

(i) Dictionnaire des sciences médicales^ U XIX. (2} Archives de médecine^ W^»

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