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poumon s'arrête nécessairement dès que Tincitation nerveuse fait défaut à ces organes.
S I. — Apoplexie simple ou nerfeose.
Je ne connais pas dans l'état puerpéral d'exemple de mort subite bien authentique dû à cette cause. Mais il existe plusieurs cas d'apoplexie nerveuse bien observés chez les femmes en couches, et dans ceux-ci les malades n'ont dû leur salut qu'à l'habileté du médecin qui a su reconnaître la maladie et lui appliquer, dès le début, le traitement convenable. C'est-à-dire que quelque prompte qu'eût été la mort, si l'art ne fût intervenu, elle n'aurait été précisément subite dans aucun de ces cas. Mais on doit aussi inférer du danger imminent dans lequel se sont trouvées ces malades, que plusieurs femmes ont, en pareilles circonstances, succombé à une apoplexie nerveuse sans qu'on ait reconnu leur maladie, ou trop soudainement pour qu'on ait eu le temps de les secourir.
Obs. XXVIll. — Apopleocie nerveuse spasmodique ; guérison.^-^ S, Frank (1) rapporte, sooa le titre d'apoplexie spasmodique, qu'il fat appelé près d'une dame de Vilna, âgée de quarante ans, qui après une stérilité de plus de vingt ans accouchait pour la seconde fols. Bien qat l'accouchement parut devoir être naturel, il se manifesta des convulsions terribles, suivies d*an tat apoplectique. L'accoucheur fit aussitôt pratiquer une saignée ; mais ce fut inutile, les convulsions revinrent. Frank arriva sur ces entrefaites, et l'on tira avec le forceps l'enfant qui était asphyxié. L*accouchée passa du sommeil au délire, et la léthargie remplaça celui-d de nouveau au bout d'une demi-heure. La face était hippocratique, la respiration lente, sonore, les extrémités supérieures d'un froid glacial, retombant par leur propre poids lorsqu'on les soulevait ; le pouls fréquent, misérable, irrégulier. On administre des lavements d'asa fœtida, on fait prendre cette même gomme-résine sous forme d'émulsion ; on applique aux jambes det éplspasUques irritants, et par ce traitement la malade, au grand étonnement des asdstants, fut ramenée en vingt-quatre heures des portes de la mort »
Dans cette observation, nous voyons les convulsions résister à une saignée, ce qui n'est pas rare, et un état apoplectique bien manifeste succéder aux convulsions, ce qui est assez commun. Après la délivrance, laccouchée passe du sommeil au délire et du délire à la léthargie, ce qui indique assez la persistance de Tétat apoplectique. La mort était imminente, et cependant que faire en une telle occurrence?
(1) Pathologie interne^ tome 111, page 27.
DANS l'État puerpéral. i og
Bien des médecins peut-être eussent cru à une bémorrhagie cérébrale et eussent été tentés de renouveler la saignée. Ce moyen eût infailliblement tué la malade. Frank au contraire la sauva par une médication stimulante et révulsive. Cette femme est en vingt-quatre heures mise hors de danger. Il est clair qu'il n'y avait ni épanchement sanguin» ni épanchement séreux au cerveau ; l'un et l'autre ne se fût pas résorbé en vingt-quatre heures, sans émissions sanguines, sans l'emploi des purgatifs, et les accidents comateux eussent persisté bien plus longtemps sous l'influence d'une médication simplement antispasmodique.
Les exemples de léthargie dans lesquels les femmes jugées mortes revinrent à la vie,, après un temps plus ou moins considérable, et parfois en l'absence de toute médication, pourraient bien n'être que des cas analogues à celui-ci. J'en dirai autant des cas plus rares où une femme en couches m^eurt dans un seul accès de convulsions.
Parmi les faits de ce genre enregistrés par la science, j'en rappellerai deux seulement ; celui de Ph. Peu qui croyant pratiquer l'opération césarienne sur une femme morte, reconnut son erreur dès qu'il eut commencé, au grincement des dents et au mouvement des lèvres de la patiente. Puis celui de M. Puigandeau (de Douai) (1), le plus extraordinaire peut-être de ceux qui sont connus. Appelé très matin près d'une femme qu'on croyait morte dans les convulsions, il extrait par la version un enfant qu'il ramène à la vie ; deux fois dans là journée il fait lever l'appareil funèbre dont on avait recouvert la mère, et recommande de ne l'ensevelir que quand la rigidité sera complète. Enfin, on vint lui dire le soir que cette femme était ressuscitée. Son enfant et elle vécurent.
ÛBS. XXIX. — Apoplexie nerf}euse^ mort imminente; guérison» — « Ledocieor Ch.PoélmaD (de Gand], a publié une observation très curieuse d*apoplexie nerfeuse chez une fèmine, Agée de trente-deux ans, d'un tempérament lymphatique, et accouchée depuis quatorze jours de son sixième enfant. Cette dame se sentit subitement indisposée, et sans aucun signe avant-coureur survinrent tous les symptômes d'une apoplexie : paralysie du côté droit, déviation de la face et de la langue, parole impossible, déglutition gênée, regard hébété, face pâle, absence complète du pouls dans tout le côté paralysé, pouls faible, légèrement accéléré, et régulier dans Tautre côté. Un léger écart de régime commis la veille par la malade paraissait être la seule cause de Taccident. Du reste, Taccouchement avait été naturel, les lochies coulaient encore, et comme
(1) Journal des savants^ 1748.
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cigftè dame ne potivalt noarrir ses enfants, à cause de sa complexion déUcate, it séoétitei lactée était déjà tarie. Toutes ces circonstances réunies, jointes à l'absence et à la faiblesse du potilSi ainsi qu'à la pâleur de la face, Grent que M. Poêlman éloigna Tidée d'une compression mécanique du cerveau, et se crut en présence d'une de ces névroses de Tencéphale, dont l^xiitence était encore alors révoquée en doute par un grand nombre de médecins disUogdét. M. PoClman s*abstint en conséquence de saigner* et prescrivit une potion éihérée et des sioapismes. Au bout d'une demi-heure, Phémiplégie disparut insensiblement; la malade sortitcomme d'un profond sommeil, se rappela d'une manière confuse ce qui s'était passé, ne se plafgiiltni de douleur ni de perte de sensibilité ; mais bientôt succédèrent à l'hémiplégie des meuvemèiiiB automatiques et cônvulsifs d'une grande énergie dans toute la partie droite du corps. GécbMigement soudain lui parut de nature à confirmer son premier diagnostic, et le docteur Blariau, accoucheur de la malade, fut de son avis. De sorte qu'on se borna ce jour à la liqueur d'QofTmann et à la diète. Les mouvements cônvulsifs diminuèrent, la nuit fut calme, il y etit une transpiration abondante, et le lendemain la malade fut trouvée par ses médecins dans un état batisf^isant. Toutefois son pouls était resté faible et accéléré ; elle éprouvait un grand sentiment de faiblesse et de vide dans la tête ; la langue élait chargée ; il y avait inappétence et absence de selles. Pour éviter le retour des accidents attribués à un écart de régime, et pour débarrasser le tube intestinal, il fut prescrit une infusion laxative. Les thouvements codVulsife revinrent, mais forent tdoins générant, et eurent moins de durée et moins de violence ; la langue se nettoya insensiblement, le pouls perdit de sa fréquence, et le sixième jour on constata, pour la première fois, une légère pulsation à l'artère radiale droite. Bientôt toutes les. fonctions se rétablirent, et peu de jours après la malade n'éprouva plus qu'un sentiment de faiblesse. Le pouls revint d^ib tonte la partie droite, mais quelques mois après il était encore tnolns dételoppé que dans la pallie gauche (1).
J'ai donné un extrait assez étendu de cette observation à cause dé rimportance qu'elle me parait avoir, bien qu'il n'y ait pas eu mort ëtlt plus forte raison mort subite.
Les réflexions doivent ici porter sur trois points. Cette maladie futelle bien une apoplexie nerveuse, le danger de mort subite fut-il imûiinent, et l'état puerpéral fut-il la cause des accidents? La première question n'eût pas été sans difûculté il y a quelques années, alors qû^oh niait l'existence de Tapoplexie nerveuse et même des maladies pure«* ment nerveuses en général. Aujourd'hui, celte question me parait plus simple. Il s'agit, en effet, d'exaniiner si la malade a offert les signes pathognomoniques de l'apoplexie, à savoir la paralysie et le coîna \ ces deux symptômes qui sont, d'après M. Rocheux, le critérium de toute apoplexie sanguine ou par compression, ont été évidents et se sont même manifestés à un haut degré : donc il y a eu apoplexie. Ensuite la pâleur de la face, la faiblesse de la constitution de celte dame, la dis-
(1) AMIU nMicale, 1846.
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fiarition soudaine de rhémiplégie pour faire place à des Accidwts co^vulsifs, le retour de celle-ci, etc., indiquaient assez à un esprit pbs^rr yateur qu'il n'y avait là ni hémorrhagie cérébralct ni compressio» mécanique des centres nerveux. Dès lors, l'apoplexie n^ pouvait s'ex* pliquer que par une sorte d'atlrition des forces nerveuses : donc ^lle éiait nerveuse. Le traitement employé viendrait, au besoin, eonfîrmer ce diagnostic. La malade ne fut pas saignée, elle ne prit que le lendemain un léger purgatif et les médecins s'occifpèrent exclusivement de stimuler les forces nerveuses. Une telle médication tuerait iofailliblor ment une malade qui aurait une apoplexie sanguine, elle 9 oepen4M4 sauvé celle-ci.
La SQConfle qqestion ne mérite pas une longue discussion, il suffit de lire l'observation pour se convaincre de ce que les accidents ont eu de soudain et d'imprévu, et pour se convaincre que la malade n'avait plus que quelques instants à vivre, lorsqu'une intervention habila vint l'arracher à la mort. Le danger dans lequel fut cette dame est évident.
La troisième question est à la fois la plus importante et la plus délir cate. L'accouchement datait déjà de 15 jours, il avait été exempt d'ae^ cidents, et jusqu'alors les suites de couches n'avaient offert aucune complication. Cependant on ne peut contester que cette femfioe ne fûit eMore sous l'influence puerpérale, sa constitution nerveuse el délicate devait d'ailleurs prolonger chez elle la durée de cette influence. Ga premier point étant admis, il ne s'agit plus que d'examiner si dau ^elques-unes des modifications physiologiques auxquelles donnç lieu l^état puerpéral, ou si, dans leur ensemble, il se trouve quelles oir-f constances de nature à déterminer une apoplexie nerveuse. J'ai trop sour vent insisté, dans le cours de ce mémoire, sur la nature des accidents puerpéraux» pour qu'il soit utile d'y revenir içi^ qu^il ine s(|fÛsé de rappeler que l'expression la plus habituelle et la plus générale de l'étal puerpéral est l'asthénie, de sorte que toutes les affections astbéniqoes 4^ )a femme en couches peuvent, à bon droit, être considérées comme liées de près ou de loin à la puerpéralité. Or, l'apoplexie nerveuse est une maladie essentiellement asthénique; elle ne s'observe guère que chez les sujets lymphatiques, ou dont le tempérametit se trouve affaibli par les maladies ou par Tàge. Cette apoj^lexie est surtout fréquente chez
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les vieillards^ et souvent alors elle en a imposé pour une syncope oa pour une hémorrhagie cérébrale. Dans le premier cas, la confusion du diagnostic n'a pas eu de grands inconvénients ; dans le second, elle a coûté la vie au malade, car suivant la remarque de Celse, « dans aîie apoplexie la saignée tue ou sauve. » l)u reste, tous les accoucheurs admettent que la paralysie peut être le résultat de l'accouchement, et j*ai vu moi-même une jeune femme qui avait beaucoup souffert de la misère pendant sa grossesse et qui était accouchée fort heureusement, rester hémiplégique pendant plus de six mois. Seulement, chez elle, rhémi» plégie vint graduellement ; trois jours après sa délivrance, elle accusa un sentiment de faiblesse dans le bras droit et dans la jambe du même côté; cette faiblesse augmenta, et bientôt elle ne put presque plus les remuer l'un et l'autre. La paralysie ne fut, du reste, jamais complète. Cette femme resta près de trois mois à Thèpital et sortit, conservant encore un grand sentiment de faiblesse dans le côté droit. Ce feil que je rapporte de mémoire et qui dans le temps ne fixa pas assez mon attention, me parait analogue au précédent. Or, ni moi, ni le médeciu dans le service duquel j'évacuai mon accouchée ; n'avons considéré sa maladie comme étrangère à l'état puerpéral. Ce n'est pas^à dire toutefois qu'il ne faille tenir compte de l'écart de régime que fit la malade de M. Poëlman ; cet écart de régime fut, j'en conviens, la cause directe des accidents, mais cette cause légère en elle-même, eût été insuffi* santé, si cette femme ne se fût trouvée très prédisposée à subir son lafluence par suite de son accouchement récent. Si, du reste, rinfluence puerpérale ne paraissait pas assez nettement acquise dans ce fait^ en voici d'autres semblables, leur réunion ne saurait laisser de doutes à cet égard.
0B8. XXX. — Apoplexie nerveuse traitée par la saignée ; mort, — « Ea iS45, M. Dn fàt appelé prèsd^une dame accouchée, depuis une vingtaine de jours, de deux Jumeaux, Tan était mort, eHe nourrissait l'autre. Cette dame, d'une santé habituelle très délicate, était très lier- Teuse, faible ; elle avait eu une grossesse pénible ; de plus, elle avait perdu beaucoup de sang lors de son accouchement, et les lochies étaient encore assez abondantes et rouges. Elle avait eu déjà dea espèces d'attaques, dans lesquelles elle ne pouvait ni parler ni mouvoir son bras ei sa jambe du côté droit. Ces attaques, au nombre de deux ou trois, n'avaient rien en de régtt* lier dans leur intermittence. M. Dax, en présence de l'une d'elles, trouva la face pâle, k pouls faible et diagnostiqua une apoplexie nerveuse par anémie. En conséquence il conseilla li position horizontale, le repos, une nourriture d'une digestion facile et réparatrice, et quelques infusions théiformes. Le lendemahi il y eut une autre attaque; en l'absence de M.Dax^on appela
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on autre médecin* qui, trompé par certaines apparences, crut à une apoplexie sanguine et ouvrit la Teine. Celui-ci était à peine sorti que la malade ne vivait plus. »
Obs. XXXL — Apoplexie nerveuse ; guérison. ^- a En 18^9, M. Dax fut encore appelé près d'une Jeune femme qui venait d'accoucher, et chez laquelle il y avait une rétention du délivre ; mais le placenta venant d'être extrait par la sage-femme lorsqu'il arriva, il n'eut à s'occuper que des soins consécutifs. A partir du cinquième jour, cette femme se plaignit de céphalalgie, d^engourdissement et de faiblesse du côté gauche. Ces divers accidents persistèrent à un degré assez élevé durant quelques jours, puis disparurent insensiblement sous l'influence d'un bon régime , du sirop de quinquina et de quelques tasses d'infusion d*arnica. Cette femme était aussi d'une constitution nerveuse, et elle avait éprouvé une assez forte perte de sang lors de Texpulsion du délivre ; la face était restée pâle et le pouls fréquent (i). »
Dans ces deux observations, il n'y eut pas imminence de mort subite, non plus que dans celle que j'ai rapportée et qui m'est personnelle; dans la seconde, il n'y eut même ni apoplexie confirmée, ni danger de mort, mais tous ces faits sont cependant de même nature, et la brusque terminaison de la maladie, dans la première observation de M. Dax, prouve assez le danger que peut avoir, en pareil cas, une erreur de diagnostic. Il est, en effet, plus que probable que sa malade eût guéri si elle n'eût pas été saignée, car les symptômes qu'elle présentait étaient bien moins alarmants que ceux de la malade de M. Poëlman.
La vie fut aussi, bien autrement, en danger dans l'observation suivante, publiée par M. Artaud (2) :
Obs. XXXII. — Apoplexie nerveuse^ mort imminente; guérison, — « Une femme accouchée fort naturellement quinze jours avant, se trouva, sans cause connue, paralysée du côté droit le cinquième jour de sa couche. Les accidents prirent une telle intensité que la malade qui avait la face déviée à gauche, ne pouvait plus parler, voir ni entendre. La respiration se faisait assez bien, le pouls était mou, petit, presque formicant et cependant régulier. La déglutition se faisait bien également et il ne paraissait pas y avoir de complications viscérales, de sorte qu'il sembla à M. Artaud que ce qui dominait dans cette maladie si grave, c'était une lésion profonde des forces. Il apprit alors que cette femme se plaignait souvent de l'estomac, de la tête, des reins, d^une boule qui lui montait au cou, etc. A ces divers symptômes et à l'invasion brusque du mal, il crut reconnaître l'affection hystérique, et plein de cette idée, il prescrivit une médication de nature à relever les forces de la malade : des bouillons, du vin chalybé, des infusions aromatiques en boisson et en lavements, des frictions excitantes sur le ventre et sur la colonne vertébrale, etc. Sous l'Influence de ces moyens, la malade se trouva mieux dès le second jour, elle se leva le cinquième, et fut guérie en moins de vingt jours. »
Ces exemples suffisent pour mettre hors de doute la fréquence et la
(i) Abeille médicale, 18/19.
(2) Revue thérapetUique du Midi, 1850.