Ô2 DE LA MORT SUBITE
Dans laspbyxie» la respiration se fera quelquefois mieux dans la position demi-assise. Enfin, jamais on ne devra abandonner une femme sans avoir épuisé et pendant longtemps tous les moyens de la rendre à la vie. Encore fera-t-on bien de se rappeler alors les exemples de léthargie prolongée qu'a enregistrés la science et dont j'ai rapporté quelques-uns observés chez les femmes en couches, et il sera prudent d'entretenir une chaleur convenable autour de ia morte, tant qu'on n'aura pas constaté d'une manière bien positive les signes certains de la mort.
Je n'ai plus à parler maintenant que de la mort subite qui survient à une époque assez éloignée do Taccou chôment. Je puis dire tout de suite que la plupart do ces morts peuvent être expliquées par les réflexions qui précèdent, et quand elles ne sont qu'imminentes, les moyens de traitement sont encore ceux qui viennent d'être indiqués.
La Société de chirurgie s'est occupée (séance du 7 janvier 1852) de la question des morts subites desfemme^s en couches ; comme les faits qui lui ont été soumis rentrent précisément dans la catégorie de ceiix qui me restent à examiner, je vais commencer par présenter le résumé de ces faits et une analyse sommaire de la discussion à laquelle ils ont donné lieu, a Les morts subites puerpérales, a dit M« Robert, peuvent être rangées en deux classes: celles qui se produisent en quelques instants ou quelques heures après la délivrance, et celles plus tardives qui ont lieu au bout de quelques jours et même de plusieurs semaines, au milieu des conditions générales de santé qui empêchent de prévoir ce faial événement. » Tels sont les trois cas dont il a été témoin dans sa clientèle et que voici :
Ofis. XLVIII. — Mort subite le neuvième jour. — m Une Jeune femme, âgée de vingl-cinq ans, déjà deux fois mère, et qui probablement avait été impressionnée vivement par la crainte des événements politiques, se décida à aller faire ses coucbes à Versailles. Elle fat très heureusement délivrée, et rien de particulier ne survint. Sa santé était des plus florissantes, lorsqu^au neuvième Jour, étant assise sur s&n lit et se disposant à prendre son repas, elle s*afialssa8ar die** même et mourut subitement, sans qu'il fût possible de lui porter le moindre secourt. • ■
Obs. XLIX. — Mort subite le seizième jour. — et Une autre jeune femme, mère de plusieurs enfants, mourut au seizième Jour de sa couche, tandis qu*enoore couchée, elle s^occupaitdu soin de sa toilette. »
Cas. L. — Jlfort au seizième jour. — «Une antre femme, mère aussi de (dosieurs enfants, succomba de même au seizième Jour, au moment de prendre son déjeuner, a
DANS l'État puerpéral. i53
Obs. LL — Mort subite le vingtième jour après l'accouchement ; autopsie; cœur graisseux» — « La femme d^an notaire, Jouissant d^une saQté excellente en apparence, d'on remarquable embonpoint, faisant peu d^exercice d'ordinaire, et qui éprouvait sous Tinfluence de la marcbe un peu d'oppression, était arrivé au yingiiëme jour d*un accouchement qui avait été fort simple, et dont les suites avalent été des pins naturelles. Elle se levait depuis plusieurs jours, et avait repris sa manière de vitre habituelle, sans toutefois sortir de son appartement. M. Da* nyau, Tayant visité à onze heures du matin, la trouva un peu inquiète et préoccupée d'un écarlement de la ligne blanche, dont elle s'exagérait les conséquences, et d'une maladie grave de sa belle-mère. M. Danyau la quitta après avoir ramené un peu de calme dans son espriL Une heure et demie après cette visite, elle causait avec son beau-père, qui rengageait à d^euner. Elle passa dans on petit salon voisin ; au même instant, elle se plaint d'étouffer et s'affaisse sur tlle*méme ; son beau-père se précipite et ne relève qu'un cadavre. — L'autopsie fut faite avec le plus grand soin ; on ne trouva d'air ni dans les veines, ni dans le cœur, qui était légèrement graisseux ; pour seule lésion, un peu de vascularisation du péricarde et une cuillerée de sérosité limpide dans la cavité de cette séreuse.
» Cette description, ajoute M. Danyau, est la même pour les cas que MM. Dubois, Moreau et Baudelocque m'ont rapportés; la mort a toujours été rapide et imprévue. Quant aux lésions elles échappent jusqu'ici aux investigations des anatomo-pathologistes. Toutefois, M. Danyau fait encore observer que Tétat graisseux du cœur a été noté en Angleterre comme prédisposant à ces morts subites, et que dans le dernier volume des transactions adressé à la Société de chirurgie, on trouve parmi les cas de mort subite par le fait de Tétai graisseux du cœur deux observations de femmes récemment accouchées. Cependant cette étioiogie des syncopes ultimes n'a pas une grande valeur à ses yeux, et les époques éloignées de l'accouchement auxquelles ces morts subites ont lieu , ne lui permettent pas davantage de les rapporter à l'introduction de Tair dans les veines utérines. On est donc encore réduit aux hypothèses.
» M. Robert émet alors l'hypothèse que la cause de ces syncopes mortelles pourrait bien se trouver, au moins comme prédisposition, dans l'état de chloro-anémie signalé récemment par M. Cazeaux chez un grand nombre de femmes pendant la grossesse.
» A cela, M. Danyau répond que dans son observation la femme n'était point chlorotique, ^ne, du reste, les syncopes sont des accidents fréquents de la grossesse, et qu'elles peuvent être extrêmes et fréquentes sans que l'accouchement en soit influencé. Il n'y a donc, pour lui, aucun rapport entre ces syncopes et la syncope ultime, dont il est question icL
» M. Boinet demande à son tour, si le fait d'être couché longtemps, qui peut déterminer des élourdissements même chez les personnes en bonne santé, ne peut chez les malades qui auraient perdu beaucoup de sang. Jouer un certain rOle dans la syncope mortelle. »
Je ne sache pas que la question ail fait quelques progrés depuis cette discussion. Les deux dernières observations de M. Robert sont trop succinctes pour élre commentées ; quant à la première elle manque
jS4 J>E la mort fiUBITB
Mssi de plusieurs détails d'autant plusiniportanls que Tautopsie n'apas été faite. Aussi est-îi impossible de déterminer rigoureusement qnetle fut la cause de la mort dans es cas. J^'éUminerai d'alxml J'inlroduclioii de I*air dans les veines utérines et Thémorrhagie interne. Au oeiivièBe jour, ces deux causes sont peu probables, surtout chez une femme qui n'avait pas éprouvé d'accidents antérieurs. !1 pourrait n'en êlre pas de même du développement sponlaifé d'un fluide gazeux dans le Jorreat circulatoire; nous avons vu que cei^kxident survenait sans signes pi^ curseurs, que (a mort était alors le plus souvent instantanée et que la femme grosse ou récemment accouchée se trouvait peul^étre plus que tout autre dans les conditions qui favorisent ce développeinent. Cependant il n'est guère possible d'accorder une grande valeur h cette cause dès que l'autopsie n'a pas été faite. La formation de concrétions sanguines dans le cœur ou dans le& gros vaisseaux est encore nu tait possible. Ces concrétions sont surtout favorisées par l'état de débilité extrême dans lequel se trouvent parfois les nouvelles accouchées; oi;, il n'est pas fait mention que la nialade de M. Robert tùl dans un pareil état. 11 est vrai qu'elle avait éprouvé de Tinquiélude pendant le coofB de sa grossesse, et qu'elle avait eu déjà deux enfants, ce qui avait pu affaiblir sa constitution. EnGn, elle mourait au moment oii elle venait do s'asseoir sur son Jit^ c'est-à-dire après avoir fiait un mouvement un peu étendu et un peu brusque ; et nons savons par les observations antérieures qu'il n'en a quelquefois pas fallu davantage pour déterminer chez une nouvelle accouchée un peu plus d'activité dans la circulation* et par suite un dépôt de l'excès de fibrine que lenr sang contient presque toujours. Je rappellerai aussi que c^est vers le neuvième jour et même au delà, que les phlegmasies blanches débiUeol d'ordinaire chez les nouvelles accouchées. Si, comme j'ai essafé do le déoMUtrer dans uum autre partie de ce travail, il j a quelque analogie entre les causes qui &vorisent l'oblitération des veines des membres* oblitération qui donne lieu à l'iBdènie douloureuXt et la SormaÀkoà des concMtîoas sangniiiM dans le cœur et les vaisseaux afférenH, on sera porté à accorder tine certaine valeur à cette hypothèse. Mais toujours est-il que son exactitude aurait besoin d^ëtre constatée par des ouvertures nombreuses. Aussi je n'oserais pas dire que telle fut la cause probable de la mort dô h malade de M. Kobert. Je ne dis rien de la possibilité d^une përî-
DAiis l'État rasarÉRAL. iSft
tMite latente, parce que rien ne peot en Taire présumer l'existenoe kL Vesi par la Bi6aie raison que je ne parle paa d'une aflFection éa ooMir ou du poumon ; il e»t probable que cellen^i n'exis^tail pas puisque 1m déiaila de robservatîon n'en font pas menlion. Il ne reste plus pour expliquer cette mort que Thy pot hèse d'une asphyxie idiopathique, c'estàHJire d une syncope purement nerveuse et survenue en dehors de teilles les causes habituelles de la syncope. J'ai déjà fait voir que les oendîlions dans lesquelles se trouve une femme qui vient d'accoucher kl prédisposent à celte espèce de syncope, je n'ai plus qu'à rechercher SI ces ccMiditions peuvent persister plusieurs jours après la délivrance.
Lorsqu'on lient compte des modifications nombreuses que la gros** sâsHè et l'accouchement ont imprimées à toute Téconomie de la femme, 00 ne saurait admettre que, par le fait seul de la délivrance, ces modifications viennent à cesser d'une manière instantanée. 11 y a plus, c'est que ces modifications auxquelles la femme s'est habituée insensible* mevt, parce qu'elles sont la conséquence d'un état qui s'est produit lentement et qui, après tout, est physiologique, finissent par faire ea quelque sorte partie de la constitution normale de la femme, d'où il suit que toute modification nouvelle un peu brusque devient pour elle une oausede perturbation alors même que le changement survenu a pour effet de rétablir le premier état normal. Cette considération n'est pas seulement théorique, elle s'appuie sur des faits bien avérés et bien con- Mrs de tous les accoucheurs, à savoir, que le travail de raccouchement etses suites ébranlent fortement tout lé système de la femme et qu'il lui faut un certain temps pour s'en remettre. Mais ce qui ne parait pas avoir fixé l'attention jusqu'ici, c'est que l'état (merpéral n'est pas seulement Texpressioa de la secousse générale que l'accouchement a produite et des sévices locaux qu'il a pu déterminer ; mais qu'il est encore entretenii pur le retour de l'organisme à ce qu'il élail avant la grossesse, et que ce retour, en ne a'opérant pas d'une aianière franche et régulière,pe ut afliener dans b santé de la femme de nouveaux dérangements et jeter une perturbation profonde dans le jeu de ses principales fonction.
Celles qui sont le plus î»méilHitement iefluencées sent, comme je l'ai déjà dtaiontré, nnnervatioo et la ârculatîen. Ce sont aussi ces dem feaelions qui doivent, pendant tout le temps que dure l'état puerpéral, étmle plw a^Qfunl espoeées à des troubles variés;. Les effets de raece»»
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cbement sur le système nerveux peuvent se prolonger d'autant plus que la femme est, par sa constitution ou par les circonstances qui Tentourent) plus prédisposée aux affections de ce systèmre. Il est à remarquer que toutes les femmes dont il vient d'être question, de même que celle» dont je vais encore rapporter les observations, appartenaient sinon à la classe riche, au moins à cette classe aisée qui vit presque toujours mol» lement et exagère les précautions en cas de maladie. Or chacun sait que la mollesse, l'excès de soins qu'on prend de sa personne, le défaut d'exercice, la nourriture recherchée, en un mot toutes les habitudes de luxe et de volupté, entretiennent et surexcitent vivement la susceptibilité nerveuse. Combien de femmes vaporeuses, hystériques même, qu'un rien fait tomber en faiblesse ou en pâmoison, verraient finir leurs maux si elles pouvaient consentir à changer leurs habitudes de luxe et d'oisiveté; si leur imagination sans cesse tendue par la lecture frivole et entraînante, quand elle n'est pas lascive, des romans de l'époque, ou bien encore par la présence d'objets qui sont de nature a agacer les nerfs, pouvait se reposer. Â toutes ces femmes, le meilleur traitement que le médecin puisse prescrire, c'est certainement de se livrer à des occupations simples et sérieuses, de prendre de l'exercice, de l'air, du soleil et de cesser de vivre dans l'atmosphère parfumée de leur boudoir ou à la lumière factice de leur salon.
Beaucoup de femmes, lorsqu'elles viennent d'accoucher, se mettent justement dans des conditions analogues. On leur recommande un repos absolu, utile dans les premières heures sans doute, mais qu'il ne faut pas prolonger outre mesure. Presque toujours on les soumet à une diète sévère, au moins jusqu'après la fièvre de lait, et c'est tout au plus si on leur permet alors de légers potages. Elles demeurent huit, dix, quinxe jours et plus sans reprendre leur nourriture habituelle, et cela dans les circonstances où les suites de couches sont les plus simples, car je ne prétends pas qu'il faille rendre son régime ordinaire à une femme ma* lade. Parfois on ne leur permet de quitter la position horisontale que le huitième ou dixième jour, et ce n'est encore que pour quelques heures. Un demi-jour règne dans leur appartement, l'air y manque souvent» quelquefois la chaleur y est accablante, puis viennent les visites, les conversations, les lectures, etc., et la femme soumise à ce régime s'estime très heureuse quand elle peut sortir au bout d'un mois ou sizsemaiMft
DAMS l'état puerpéral. 167
tandis que la paysanne, la femme du peuple dont le système nerveux est moins irritable, est.presque toujours tout à fait remise au bout de huit, àdix jours et parfaitement en mesure de reprendre ses travaux habituels.
Voyons maintenant ce qui se passe du côté de la circulation. La composition intime du sang a été modifiée pendant la grossesse; après l'accouchement ce liquide a tendance à reprendre sa composition physiologique. On se souvient que le sang contient alors plus d'eau et plus de fibrine, moins de globules et moins d'albumine. Cette composition du liquide nourricier, que j'ai montré être enharmonie avec les besoins de la femme grosse et du fœtus, me parait l'être aussi avec ceux de la nouvelle accouchée. L'accouchement laisse toujours une faiblesse plus ou moins considérable, et il faut à la femme des matériaux de réparation assez abondants pour qu'elle se rétablisse promptement, et assez peu stimulants pour qu'ils ne fatigueiït pas ses organes affaiblis. L'excès de fibrine que contient le sang me semble devoir fournir les matériaux de réparation, en même temps que le sang est moins excitant, par suite de l'augmentation du sérum et de la diminution de ses deux autres éléments. Â mesure que la réparation s'opère, la composition du sang se rapproche de sa moyenne physiologique. La sécrétion lactée doit aussi concourir à la reconstitution normale du sang, car elle doit soustraire à ce liquide une bonne partie de son eau et de ses éléments solides, de sa fibrine surtout, si, comme le pensent plusieurs chimistes, les éléments albuminoides de l'économie sont tous isomères et susceptibles de se transformer les uns dans les autres, sous certaines influences. La nouvelle accouchée ne saurait être entièrement rétablie, tant que chez elle le sang n'est pas revenu a sa composition physiologique, et toutes les circonstances qui sont de nature à ralentir ou à suspendre ce travail sont aussi de nature à prolonger chez elle l'influence puerpérale. Je viens de dire que les précautions extrêmes auxquelles on soumet parfois les nouvelles accouchées ne me semblent pas toujours heureuses, parce qu'elles ont pour effet d'entretenir chez elles la susceptibilité nerveuse ; j'ajouterai que je crois qu'elles ont de plus l'inconvénient de prolonger l'anémie de la femme, en s'opposant à la reconstitution normale du liquide sanguin.
La femme qui vient d'accoucher a perdu beaucoup de forces; il con-* vient de lui en redonner immédiatement ^ et pour cela je suis dans
tJSS DB hA UOn 8DBITB
Twa^e d^âecorder à mes malades do bouillon et ufi pra de fin pesdiAf le travail, ehaque fois quMI se proloage ou (fi'il languit, i'aâ t« qii^quefois les doolears se régulariser et se ranimer après l'ingestion d& go^ques gorgées de bon fin ou de consommé Aux femmes faibles et déhealesy je permets même un léger repas, lorsque le Lrarradl est ais débot. Après raccouchement, si la femmea perdo beaacxHfpy on n elle me semble falîguée, je lui fais doDner tout deauite un peu de ?îq on de bottillon ; je relève ainsi ses forces. SI elle doit nourrir, je lei rends \m plus souvent des aliments solides, mais en petite quantité, mémeavani ]è (îèvre de lait. Dans le cas contraire, je m'en abstiens, à moins d*indi* catrons spéciales. Pendant la flèvre, je me borne à des beîssons légère* ment draphorétiques, à moins pourtant que je n!aie aflSsiire à an svjet très anémié ; mais ceux-là ont peu de fièvre. Enfin, au bout de quelques jours, il me paraît souvent utile de donner un peu de (ér ou de vin de qornquina. Cette manière de faire ne m'a jamais donné que de bons^ rés&itats, et presque toujours j'ai une convalescence franche et conrte. Il va sans dire que ce traitement n*est pas appliqué aux femmes d'une constitution pléthorique ou chez lesquelles j'ai lieu de redouter le développement d'une affection puerpérale inflammatoire. Je ne dois pas avoir besoin d'ajouter non plus que tout en donnant le conseil de noar* rir de bonne heure les nouvelles accouchées, il faut le faire avec asset de prudence pour ne pas donner lieu chez elles à un écart de régime;
Si je me suis bien fait comprendre, on a dû voir que je regardais l'hygiène sévère à laquelle on soumet souvent encore les femmes enconebes^ comme une des causes qui aggravent chez elles les effets de raccoochament et qui les prolongent; et comme il faut de plus tenir toujours^ compte de la solidarité des fonctions entre elles, il s'ensuit que si l'ébranlement nerveux persiste, les troubles de la circulation persiste** ront, et réciproquement Par contre-coup, les fonctions do poumm pourront aussi se trouver compromises, en ce sens du moins qu'elles ne s'exerceront pas avec toute leur régularité ni avec toute leur énergie. La femme peut donc ainsi rester assez longtemps dans des coodîlioos de santé assez analogues h celles où elle se trouvait peu de temps après* son accouchement, et elle restera par là même susceptible d'étrvinâeeii* eée par les mêmes causes.
En ftnsant à la melade qfui bit le sojel de l'observatios de M. Aolwt'
DAM t.*ÉTâT W&RPÉilAL. 1S9
r^ppIicatioD ée ceB donaées physiologiques, je crois pouvoir eipliquer ja Aori par une syncope simple ou pureœeoi nerveuse. En effet cette feiBiDe jieune encore élait à sa troisième grossesse, première cause projkabie d^épuisefiienL Pendant les derniers temps de cette grossesse, elle avait été impressionnée vivement par la crainte des événeiDent« potî» tiques, ce4)ui l'avait détermjiiée à faire ses couches loin de Paris, seconde canae prohahle d'épuisement. Cette dame, qui était dans l'aisaince^ dut être, à raison même de.seseraiatef, l'objet de soio très particuliers cft peut-être exagérés. Enfin tout porte à croire que ses inquiétudes ne se terminèrent pas avec son accouchement, car elle avait dû laisser à Paris dps intérêts, son mari peut-être, etc. Ces causes réunies coniribuaient eDCsre à dîmifiiier thex elles la résistance vitale, de sorte qo'tin jour, en s'asscjant sur «on lit, le sang put bien affluer au cœur avec un peu plus de force et y déterminer un mouvement de fluctuation que cet organe n'aiura pas Mipporié. Ces eon4iilJon« me paraissent, à bien pe« •dépose près, les mêmes que celles dans lesquelles se sont trouvées les femmes qui ont fourni le sujet des observations précédentes.
Un seul mot sur la malade de M. Danyau. Celte dame était très évi* deninent aussi dans les conditions que je viens de signaler : elle étaH aussi inquiète et agitée par la maladie de sa belle-mère et parce qu'elle venait de déo^uvrir sur elle-même une inilrmilé à laquelle elle croyait sans doute une grande gravité. De plus, celte dame avait le cœur grats* seux, et l'on doit se souvenir, qu'en traitant des affections du cœur, j'ai dû signaler cet état organique comme prédisposant à la mort subite par syncope. La dégénérescence graisseuse du cœur n'est point un état normal ; c'est même une affection qui devra infailliblement se terminer parla mort, lorsqu'elle sera arrivée à un certain degré. Si, lorsqu'elle est peu avancée, cette affection est parfaitement compatible avec la vie, et ne donne lieu à aucun symptôme qui puisse révéler son existence, il n'en est pas moins vrai que le cœur est alors malade. Dès lors cet organe est plus accessible aux causes capables de porter le trouble dans son innervation, et une modification même légère survenue dans Je rhythme de ses battements par suite d'une émotion, d*un effort, ou de toute cause de nature à activer ou à ralentir la circulation, peut suffire pour prodtiire une syncope mortelle, alors surtout que le sujet est déjà dans des conditions spéciales 4|iii le piédisfgceat à ki4qmctpe« Je ne
iBo DE LA MORT SUBITE
croîs pas Utile d'insister davantage , et je vais terminer ce chapiti^e, déjà très long, par l'exposé sommaire de deux ou trois observations dans lesquelles la soudaineté de la mort ne me paraît pouvoir être expliquée que par des considérations semblables à celles que je viens de présenter. J'aurai, par conséquent, très peu de chose à ajouter à ces observations. L'une a été communiquée à VUnion médicale par M. Villeneuve, et est aussi rapportée par M. Ghailly (1); les deux autres appartiennent encore au Mémoire de M. MacClintock.
Obs. L[L — Mouvements tumultueux du cceur; mort suftitê le vingt-sixième jour après Vaccouchement, — « Une jeune femme de vingt-deux ans, primipare, fortement constitaée, accoucha naturellement, après un trayail de quarante-huit heures. Six Jours après, elle eût «ne fièvre qui dura jusqa*au quinzième ou seizième jour, et que rien n^expliquait, si ce n*est rétat saburral des premières voies. La malade semblait parfaitement guérie, lorsque le vingtsixième jour elle eut, pendant son sommeil, un mouvement convulsif qui la souleva de son Dreiller sur lequel elle retomba morte. Le pouls de cette malade, en général très régulier, cessait de Tétre de temps à autre, et alors subitement, sans cause connue, il devenait d^nne Iri^ golarité extrême, et le cœur offrait des mouvements convulaifs, tumultueux, désordonnés, impossibles à décrire. Ce phénomène, qui devait se reproduire plusieurs fois par Jour, durait d^nne demi-minute à une minute et demie, puis cessait tout à coup et tout rentrait dans Tordre, sansquMl en restât aucune trace et sans que la malade eût conscience de ce qui' venait de se passer en elle. Une seule fois on observa que ce phénomène coïncida avec une l^èine impression morale, Mi la percussion, ni rauscultatlon, ni le toucher ne faisaient percevoir le inoindre signe qui révélât la présence d*une lésion quelconque, soit thoracique, soit abdominale. Les battements du cœur n^étaient, même pendant les mouvements tumultueux, désordonnés, accompagnés d*aucun bruit anormal »
M. Forget ajoute à celte observation quelques réflexions très judicieuses; il trouve qu'à part l'étal fébrile qui se manifesta chez cette malade, et dont il ne restait plus aucun vestige quand elle mourut, il y a beaucoup d'analogie entre ce fail et ceux de M. Robert. « Celle analogie se trouve non-seulement dans la soudaineté et l'imprévu de Taccidenl, mais aussi dans l'absence de tout signe précurseur et de toute lésion symptomatique appréciable qui puisse éclairer Torigine et les causes d'un pareil accident. » Quant aux mouvements tumultueux dû cœur, ils rendent probable Texislence d'une lésion de cet organe, notais ils ne l'impliquent pas nécessairement. Cependant M. Forget regrette que les signes fournis par le cœur n'aient pas été plus exactement décrits; il regrette aussi que l'élat fébrile, qui a duré dix jours, n'ait
1^(1) Traité pratique des accouchements. Paris, 1853« p« 733. *'*
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pas été mieux caractérisé, pour que le lecteur, dit-il, ne puisse établir de connexion entre lui et les troubles fonctionnels du cœur, peu de jours avant la mort. Faut-il, comme M. Forget, voir dans ces troubles du cœur des signes qui révélaient Timminence de la mort subite? Ces mouvements tumultueux du cœur sont quelque chose de très anormal et de très extraordinaire. Cependant leur peu de durée, leur rémission Cfomplète, la régularité du rbythme de l'organe pendant la rémission» me font supposer qu'ils étaient liés à une de ces affections purement nerveuses et dont la matière est insaisissable. L'on conçoit qu'une telle affection put être le résultat de Tanémie qui est consécutive à l'accouchement et qui dut être augmentée ou du moins prolongée chez cette malade par un état fébrile assez prolongé. Cet état fébrile lui-même, attribué à un état saburral des premières voies, avait bien pu laisser au système nerveux de l'estomac une susceptibilité plus grande, et il se pourrait, à la rigueur, qu'une digestion pénible du repas du soir eût déterminé la mort subite par le mécanisme que j'ai décrit ailleurs» Quoi qu'il en soit, je ne crois pas qu'on puisse rallier ces mouvements tumultueux du cœur à une autre cause qu'à un état nerveux puerpéral, ni trouver à la mort subite de cette dame une cause plus probable que les fortes palpitations auxquelles elle était sujette depuis sa couche. Mais je n'oserais dire qu'il y eut dans ces phénomènes matière à révéler l'imminence d'une mort subite,
«Moi-même, dit M. Mac Clintock, je dois à l'obligeance de M. Barker la communication de deux cas observés par lui, il y a quelques années. Dans ces deux cas, la mort survint tout à fait subitement, alors qu'on s'y attendait le moins ^^ très peu de jours après la délivrance. Une enquête judiciaire eut lieu, et M. Barker, chargé de pratiquer Tautopsie, ne put découvrir autre chose, pour rendre compte de la mort, qu'une flaccidité anormale du cœur, avec absence complète de sang dans ses cavités. »
Je ne ferai sur ces deux cas qu'une seule réflexion, applicable aussi à tous ceux dans lesquels l'autopsie a permis de constater la flaccidité du cœur et sa vacuité : c'est qu'un tel état pourrait bien être le résultat d'une anémie qui date déjà de loin. La flaccidité du cœur semble répondre à un affaiblissement de cet organe, moins nourri et moi ns excité parce qu'il ne recevait plus qu'un sang appauvri; et la vacuité
^oacavilés cardiaques indique assez claireDuent^jQ ccoiftf.qjUMiTleinoifei^ v^meiil de $}stole a élé le deroier» el par €pn6éq.uenl:que l'inMjr.valio»» iesi éleinte la prenuère^ cesl-à-dire quQ la; morjî a. ea lieu par^l^ cerveau. D'après le» recherches de Qeveigie^ les choses- 06)se passeK. laient pas tout à fait aiosi dans la syncope vérilahl^i dans c^lieoib Vaction du cœur vient à être soudainement paralysée .et cesse la pre^ V^ière. Alors» en etSeif le cœur n'est ni plein ni vide^ mais iiiy. a dislpt^ hution uniforme du sang dans ses cavités, comaie daM toutes l«gvaines du corps; le sang occupe après la m.ori. à peu pnès la même' place que pendant la vie. La théorie, à défaut de VobservatîiHft difede^ eut pu conduire à ce résultât. D'après cela, la vacuité du cœur impliqiie> une mort d'une nature différente. Le cœur ne ôieurt pas la premieny c'est rinfluence nerveuse générale qui, faisant défaut, entraîne Tarrélr de ces battements, et la mort est réelle déjà que ceux^^ci s'exécutent' encore automatiquement tant qu'il n'a pa&éf^uisé U depnière^cbargei uerveuse qu'il a reçue. Lorsque le dernier mouv<ement:de systole a Ireu*, le cœur reste vide, parce qu'aucune puissance ne sollicite plus le saii^' k envahir ses cavités.
Cette théorie de la syncope nenveus^^ ou asphyxie idîopatbiquede^t auteurs anglais ^ peut servir de contre-preuve aux opinions que j'ai* émises sur la cause probable de la mort subite des femmes en couchée» alors que cette mort paraît indépendante de te u te lésion anatomique. La JDIaccidité du cœur et la vacuité det ses cavités. s'expliquent aisément par la richesse moins grande du sang de la m)uveUe aoeouchée et pav l'abaissement de ses forces nerveuses. Si. cet abaissement est trop 000"»' sidërable, la mort est imminente; s'il y a épuisement complet) eite e&t inévitable.
. Je trouve encore dans mes notes^ le fait suivant :
aftierriman,. sous le nom de dtfsiocia syncopalis^ nappopin qu'uof accoucheur lut appelé pour donner ses soins ii une jeune femme» CBceinte de son premier erifanletà terme. Le travail était; corn menue, eL lorsqu'il se fut. retiré, il survint une syncope sans: cause coiiiiu#; A« son retour» on lui fil paridei^.elte circonstance ;• maisicomme la realadi»' paii^issait.parfaitemQBLbieo, an n'y fil aucune atienlion„et ladéLrvraftce' a/opéra heureuscmeiil.sai^auc.un syBiptâJDO^fàcbeuoL.Treiejoursiapr^i i'accojuchenieith oju iuiwfii. pKonAiîe* uq purgatif, et peiidaii4^qii>ëlte»
•Utît à la gardembe^ elle tomba *à la renverse et expira inraiôdialtment. »
«il'ardéjà Ta(>parlé^oieb6erira tiens de ise genre (obs. XXVHetXLÏV*). Bne;partiede8*réflexion6qu'eHes m'ont stff^érées sont applicables îor; «miih iDdépendanmient des nioirfs que j*at fat^ «valoir dans les deM Mitres cas, pour «qopliqiier la mort/il fant, je pense, tenir compte dane isetei-^ci de la sjfttieope q^ii eut lien pendant le travail; syncope qui n'excita peut-être pas assez Taltenlion de l'accoucheur, car elle aniïon- ^it une prédisposition 4 cet accident, et sans doute aussi un affaisseotiMt déjà très ^nd des torces nerveuses che% «cette femme.