‹ De la mort subite dans l'état puerpéralChapitre 5 sur 27 · DE LA MOKT SUBITE · texte numérisé non relu

DE LA MOKT SUBITE

fait que les impressions que reçoivenl les ganglions no rolenlissent pas d une manière aussi immédiate sur tout l'organisme que le font les impressions cérébro-spinales, mais ce qui n'empêché pas que ce retentissement ait lieu d'une manière médiate ou sympathique.

Ix)rsqu'une cause agissant sur le système nerveux ganglionnaire est de nature à troubler profondément son action, les accidents qui en résultent sont en rapport avec l'importance de la fonction lésée, et la mort peut être très prompte lorsque celte fonction est celle du cœur ou du poumon. Supposons que les nerfs cardiaques viennent à être paralysés, les mouvements du cœur se ralentiront ou s'arrêteront, et il y aura défaillance ou syncope complète. Alors deux cas peuvent se présenter : 1« Ou les connexions des nerfs ganglionnaires et des nerfs spinaux se rétabliront assez à temps pour que la restauration des mouvements cardiaques soit possible par de nouvelles décharges nerveuses, ou Tépuisoment aura été assez complet pour ne pouvoir plus être réparé, et la mort sera définitive. 2* Ou la cause stupéfiante qui a paralysé l'action nerveuse du grand sympathique est passagère, ou elle est permanente. Dans la première supposition, cette cause venant à cesser, l'action nerveuse se rétablira peu à peu, et avec elle les mouvements cardiaux. Dans la seconde, ce sera en vain que le principe nerveux émanant constamment du centre cérébro-spinal arrivera dans le grand sympathique» et s'accumulera dans la partie de ce nerf située au-devant de l'obstacle. Si celui-ci ne peut être levé, la mort n'en arrivera pas moins, et d'autant plus vite, que le cerveau se trouvera lui-même promptement privé de son excitant normal par la suspension des mouvements du cœur, qu'il cessera de sécréter le principe nerveux, et que la quantité de ce principe contenue dans le grand sympathique s'épuisant dans les autres organes, ce nerf ne réparera pas ses pertes. Les choses se passeront d'une manière analogue si la fonction nerveuse vient à être diminuée ou suspendue dans les nerfs thoraciques et pulmonaires; l'asphyxie sera imminente, la réaction sur l'encéphale très prompte, et la mort pourra survenir en quelques instants.

L'ébranlement nerveux cérébro spinal ou ganglionnaire peut donc devenir une cause de mort subite, et l'autopsie la plus minutieuse ne constate alors aucune lésion matérielle. Cependant on ne saurait dire encore que cette lésion n'existe pas, car le tissu du système nerveux est

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si délicat, qu'on ne peut savoir si ce tissu ne subit pas une modification inappréciable à nos moyens d'investigation, lorsque ce système vient à être fortement ébranlé, et si la mort n'est pas alors le résultat de cette modification toute matérielle. Mais il est des cas où cette supposition n'est plus possible, ce sont ceux dans lesquels il y a eu une affection primitive del'ftme. On meurt de peur» de colère, de chagrin, dejoie,etCM et c'est bien alors le moi qui a été directement affecté, sans que ces organes y aientprisaucuuepart, puisqu'ils ne sont que des conducteurs destinés à lui transmettre les impressions du dehors, ou des serviteurs qui exécutent ses ordres. Alors les organes conducteurs ont régulièrement transmis l'impression, et le moi troublé a cessé de donner des ordres ; les fonctions s'arrêtent donc parce que l'impulsion vitale fait défont. Je me réserve, du reste, de revenir sur ce point, etde démontrer par des exemples que les affections de l'âme peuvent devenir des causes de mort subite. Mais cela ne change rien au mécanisme de la mort, qui a toujours lieu en définitive, par arrêt delà respiration, de la circulation et de l'innervation. La théorie indique que cette dernière fonction est alors la première suspendue, mais l'instantanéité avec laquelle la mort a quelquefois lieu ne permet pas toujours d'en donner une démonstration pratique. Les trois fonctions semblent s'éteindre en même temps, et Ton ne peut dire ni celle qui a été frappée d'abord, ni celle qui survit la dernière.

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