QO DE LA MORT SUBITE
868se et augmente jusqu'à la fin. La fibrine est même un peu diminuée ao début ( de â à 2,5, puis monte à &)•
k"" Augmentation du sérum : commence dès le début et augmente jusqu'à la fin (de 791 à 818). Il paraîtrait qu*au début l'augmentation serait brusque; qu'elle diminuerait vers le troisième mois, pour croître ensuite régulièrement jusqu'à la fin.
Quant aux principes fixes du sérum autres que l'albumine, ils éprouvent dans tout le cours de la grossesse une oscillation dont il est difficile de saisir la loi (entre 11 et 8). Tous ces chiffres résultent de moyennes prises sur la table de M. Regnault, indiquant la composition du sang chez les femmes aux diverses époques de la grossesse.
Déjà MM. Becquerel et Rodier avaient, en 18&&, établi celte conclusion dans un mémoire présenté à l'Académie de médecine : « La grossesse exerce sur la composition du sang une influence notable qui peut s'exprimer ainsi : forte diminution des globules, diminution plus ou moins considérable de l'albumine, augmentation légère de la fibrine et de la matière grasse phosphorée, augmentation de la proportion d'eau. »
Il n'est pas sans intérêt pour mon sujet de rechercher quelle peut être la signification physiologique ou pathologique de ces diverses altérations du liquide nourricier.
La théorie indique qu'à l'augmentation de l'eau et à la diminution des globules se rapporte un état anémique et partant une diminution de l'influx nerveux. L'abaissement de la fibrine qui existe dans les premiers temps de la grossesse a aussi la même signification. De sorte qu'à cette époque déjà, le sang présente un appauvrissement notable. Sa puissance nutritive est moindre qu'à l'état de vacuité. Et maintenant qu'une courte digression me soit permise. Je me suis demandé s'il ne feut pas voir là une composition du sang plus en harmonie avec les premiers besoins de l'embryon. Le lait, première nourriture de l'enfant, varie dans sa plasticité avec l'âge de l'enfant : le sang de la mère, nourriture de l'embryon (nourriture médiate, sinon immédiate), doit aussi varier dans sa composition selon l'âge de celui-ci. Dans les premiers temps,'il est encore trop faible pour élaborer une nourriture succulente, il la tire d'un sang appauvri, et des troubles variés sympathiques de la grossesse, surtout dans l'appareil digestif, sont chargés de produire cet appauvrissement du sang.
DANS l'État puerpéral. «i
fl^f Au point de vue qui doit nous occuper ici plus spécialement, cet appauvrissement n'est pas encore assez considérable, et il n'existe pas surtout depuis un temps assez long, pour avoir exercé une action considérable sur les forces générales de la mère; cependant cette action est déjà très manifeste cbez plusieurs femmes qui sont alors sujettes aux défaillances et même aux syncopes. Malgré cela je ne connais pas d'exemples de mort subite par celte cause à cette époque de la grossesse.
Vers le milieu de la grossesse, il est assez ordinaire de voir cesseriez troubles digestifs, et l'organisme tout entier en ressent un grand bienêtre. L'appétit est vif, la santé revient, et cependant la composition du sang continue de s'altérer de plus en plus jusqu'à la fin. C'est qu*à partir de cette époque, Fenfaut absorbe une quantité de matériaux nu-* tritifs de plus en plus grande. Aussi, malgré un appétit souvent excessif, qui lui permet presque toujours une alimentation abondante, la mère ne peut élever son sang à la plasticité normale.
Les globules continuent de descendre, l'albumine va progressivement baisser, l'eau augmenter encore, et la fibrine, après s'être rapprochée peu à peu de son chiffre normal, continuera d'augmenter et le dépassera sensiblement. Un tel sang est bien loin d'être aussi riche que le sang normal, et pourtant, grâce à l'augmentation de la fibrine, il peut donner lieu à des phénomènes de pléthore^ et présenter une couenne qui en a souvent imposé pour de l'inflammation.
La fibrine est le seul élément du sang qui dépasse chez la femme grosse la moyenne physiologique, et peut-être en faut-il chercher la cause dans le développement même de l'utérus. Cet organe, en prenant rapidement un volume et un poids considérables, absorbe à son profit une grande quantité de fibrine, qu'il ne peut emprunter qu'au liquide nourricier. Il faut donc, de toute nécessité, que par un artifice de là nature, ce liquide soit mis en mesure de fournir ce qui lui est demandé. L'augmentation de la fibrine dans le sang ne parait pas ajouter rien à sa richesse, elle le rend seulement plus coagulable et plus dif^posc à rinflammalion.
Pour ce qui e$t de l'albumine, sa diminution est un signe certain d'anémio. Girtle diminution pourrait bien n'être chez la femme grosse, que le corollaire de l'augmentation de la fibrine, si, comme le pensent
09 DE !«▲ MORT ^TJBITe
BerteJiufi, MM. Seais» Muller, Liebig, elc, oes 4eiu substances sont /^ isomères, et peuveat, sens certaines inflvencest se changer Tune daas Tau Ire» surtout i4Nrs()u'îl y a défaut 4*alcaIUiilé du liquide dissolvaoi, l'albumine. Oo sait,d'aill«eurs, que la diminution «de l'albumine se rea^ conlre dans ua^rand nombre de maladies, et principal ement lorsque les malades <MEii été .soumis à une diète sévère. La perte de ralbumîae chez la Temme.gr^se parait tenir aussi à «ine caïuse analo^e. Le TcbIus, en se nourrissant, absorbe à son profit l'albumine du sang de la mère, qjun ae peut l'élever au chiffre normal, parce qu'elle se trouve ainsi dans les oandilions d'une p^sonne soumise à uae inanîiftoo proUngée.
LaugmeniatioD de Teau n'est pas seulement directe, die est encore relative, car les autres éléments du sang ayant diminué, 4e subslrcUmm dans lequel ils plongent doit paraître augmenté. Du reste, l'augmentation directe de l'eau dans le sang s'explîqueraxt au besoin par la grande consommalion que les annexes du fatUxs font de cei élément ; et si Ion songe à la fréquence des hydropisies obes lalemme grosse, sur* tout dans les derniers temps, on aura quelque lieu d'èire surpris de la grande quanlilé de sérx>$ité à laquelle le sang doit lourjair.
Quant aux globules qiii sont la partie la plus vivifiante du sang, il serait vraiment inconcevable qu'ils pussent conserver leur moyenne physiologique,alo£sque4ous les autres éléments 4e ce lîq4Ûcle ontsulH dès altérations. qui se traduisent toutes par un aflisiiblissement de sa vitalité.
11 me teste à signaler la part que les changements survenus dans la composiiiou ctùmiqun du sang de ta femme grosse; peuvent avoir sur les causes, de sa mort subite. Le phénomène le plus saillant et le plus important .peut-éire, c'est un état de débilité générale qui la rendra plus accessible à toutes, les influences déprimantes. La fonction de Tinner* vation sera .affaiblie comme toutes les autres, parce que les centres nerveux recevront un sang moins capable 4e MUiciter leur action ; partant* les fonctions qui sont plus directement sous leur dépendance, celles du codur^ du pcMimon, etc., languiront plus ou moins, et ce sont là autant de causes prédisposantes à la syncope, à lasphyxie, peut*étre à Tapoplexie. L'augmentation de la fibrine explique la fréquence des inflammationa puerpérales; elle peut aussi donner lieu à la formation dn concrétions sanguines daas las vaisseaux ou dans le cœur. 1^ dimi*
DAM&V L?ÉTàT pu BMPÉRàL. 9Û
miion d« ra)bimiine«C VaQgmentatîon du sériun rendttté comfièerdas bémoinrhagiiefs el^t la^ fréquence des tiydfopreiesv- Ob conçoit toiK^^ét suite le danger que peuvent présenter te«épafieheiMnte^ére«x^ fioofêM rapides, qmttd' ile se f<mti dans ime catilé* etose» coitifiiia (epéHcandey la pDèwei et«* flevanli reinenir longuement surcbaoai»de ces atciéètittv je ne< dois ici ccwstaler que- les effets les plus géfiésaoeiy
Après la délivrance^ il se faHvnehémorrhaRgiepkM oo'fflieitts^^fflmi»' dM4e, doivlile pt^esMtr effet ^est d'augmeoteneneof e tofauirMlé dustang; Mtîa il ne iaiÂtaibiMiurfiafitpas s'exagérer rkn^rlattee. de la fiefie<|«t héê fenwes épf oweot, soil tout de suite après leoinaccouchemenly Ma pendant leaenips que» téa lochies^ eeolem fougee t: car r«térasv Amà^ DiiBBi rapidetneal de votane^ eixfrâie'en qiielqitt» sorte lé saBg<k>oiti eai gorgé, et oekiinei est en^ partie refoalé dëfts leâ vaisseau» et «n partît chassé au dehors^ sans que l'éconoiiMe'peîaseftre t^èsaeDsiUe àctlle perte, qui, quand elle se fai^i dans les ftimileB convenables, ne soualraît en réalité rien à la quaniHé de sang contenue dans les vaisseaux. Il ja^ an contraire^ assev souvent alors plénitudev et des aocidenAs spasme^ diques graYea> iatmorl mèmeven'pewent élfe^le- ré«u4iiili. Mais îr^'eft saurait plus être ainsi, sr rhémorriiagie qni suk ^addlivranee est abeaM dante, si les lochies coulent trop fort ou trop longtemps. Il est bien clair qu'alovaiaifeflftnie^e'épU'ise par cette grandeperte eu par ces petites pertes successivement répétées. Nous verrons bientôt comment la première cooaflie les secondes peuvenL devenûr des caoseà de nort subite, soit «en produieanil.iine< syncope» siBaple^.s(Ât en levenaanéla TiuraialkNi 4e caillots sanguîua dnna lacoeur^ soil encore en fteiUianl i'absoiptîen de l'air par les sûaus uténns*
Nous manqfuoBftd'aAakyseS' sur le sang des femmes réoemmenl atpr couchées, et il est assez difficile d*entreprendre uaeiaérie de recliercbM comparatives sur ce sujet, Tindication desai^ner après iâî délivrance ne se préteiOant presque jamais. Mais on est à prwrÎMea'diieit de snpf! poser que dans les cas erdînaires» le sang revîeat pnutà pen.à son état normal et saos secousses^ tandis que. s'il y a fièvpetp«ierpémieou tetttè autie affection puerpérale; graee: et déprimanie, Ifappauivrissementidto sang persiska^aMc cette^diffiérence toutefois^ qnfavant teparturition-eel appauvrissemeoL était physiologique, etqu'ildevîenimoi^bide aprèl«Jo ler^i aiiJeuJES ressortir les iu>ntkiéralions qnî dériseniide ee^prineîpei II
faMt cttesre tfci cr i c r ifve lool natoreifemenl h rapidité avec laquelle le fiAç ftfntmd fcs qualités noraalcs f i€»t â des coaditîoiis tr» ivîéei decMHtitotioa, dliabitades, de régise^ elc.
Jai M M^éie^dre va pc« s«r l*ci|M»ili€ii de l'éial ém sasg cfcn b fnMK graaWy parce que les phênooMAes qve j*ai ais es relief oat presqee loos ne gfittde inportaoee dans le OMcaûsse des Borls sébiles pvtfpéralcs, H qe'ils serool sooTent rappelés po«r expliquer pissievrs d'ealre eUes. Je lemiBe celle élede prcliBioaire par aoedcrwëreréfexKMi : c'est q«e si nous soniaes aojovrd^u asseï hiem resseipMS s«r les dkangeBeiits q«î s*opèreiil dans h conpositios chimqne dm saa^ des fiemaes grmses. nous ne saToos absolvmeat rien de ceoxplv ntiaies qei dmfcst être b cooséq^enoe des preaiiers. Il est impossible de me pas admettre qse la conposilioB malérielb de sang changeant, ses action vitale dml changer aassi, et ce n'est exprimer qii*ane bien petite partie de bit, qne de dire qoe pendant b grossesse le «aû«: n a pas aulant de qualités netritives qn*à Télat de vacnité. Quoi qu'il en soit, cette première donnée, b senle qu'on puisse expérimenialement déduire, est riche en applications pratiques, et constitue Tune des beiles déeouTertes auxquellM a conduit Thémalologie.
S n. — Trmbiei et la diobiMU
Les troubles de b drcubtion qui sont le résultat des modifications diîmiques du sang ne sont pas les seub qu'on obs^re pendant b grossesse ; il en est d'autres, dus à des causes toutes mécaniques, et qui ne bisseui cqiendani pas que d'avoir une grande importance dans b production des accid^its qui peuvent donner lieu à la mort subite dMi les femmes en couches.
Dès que Futérus a pris un cerlaio développement, il exerce des compressions diverses sur les organes voisins, ce qui donne lieu à des phénomènes très variés. La compression des vaisseaux abdominaux gène d'autant plus le cours du sang, que le développement de rulênis est plus considérable. Puis cet organe étant devenu le centre d'une nutrition très active, il se développe dans son épaisseur des vaisseaux de gros calibre* qui reçoivent une grande quantité de sang, ce qui ne peut avoir Ueu qu'autant que la masse du sang est augmentée ; ce qui constitue
DANS l'État puerpéral. a6
une véritable polyémie, à laquelle il faut rapporter les symptômes de pléthore, si communs pendant les derniers mois de la grossesse.
Observons toutefois qu'à raison de la composition chimique du sang, cette pléthore n'est qu'apparente; c'est une pléthore séreuse, mais qui donne lieu aux mêmes phénomènes de congestion que la vraie pléthore. Ceux-ci sont dus à la surabondance d'un sang appauvri, et son défaut de plasticité favorise les hémorrhagies et les épanchements séreux.
La vitesse de la circulation est aussi augmentée chez les femmes grosses, surtout dans les derniers temps. Presque toujours le pouls est chez elles plein et fréquent. J'en ai cherché la cause, et j'ai cru également la trouver dans les compressions mécaniques qu'exerce l'utérus gravide sur les vaisseaux. Les lois de l'hydraulique nous apprennent, en effet, que a lorsqu'un liquide coule à plein tuyau, la quantité de ce liquide qui, dans un instant donné, traverse les différentes sections du tuyau, doit être partout la même. Ainsi, quand le tuyau va en s'élargissant, la vitesse diminue ; elle s'accroît quand ce tuyau va en se rétrécissant. » Cette loi, invoquée'par M. Jacquemier pour expliquer certaines hémorrhagies utérines, rend également compte de l'accélération de la circulation chez les femmes grosses. Chez elles, le calibre des veines abdominales est diminué par suite do la compression de ces vaisseaux, de sorte que le sang qui leur vient abondamment de lulérus doit prendre une vitesse plus grande, puisqu'il faut qu'une même quantité de ce liquide traverse dans le même temps chaque section vasculaire. Le sang se trouve ainsi projeté vers le cœur avec une plus grande force ; cet organe, pour le chasser, est obligé à un plus grand effort, et de toutes ces causes combinées résulte une accélération du pouls d'abord, puis des phénomènes de congestion vers les organes qui reçoivent plus directement le sang du cœur : le poumon d'abord, le cerveau ensuite. On voit tout de suite comment cet abord plus considérable du sang vers les organes centraux de la vie peut, dans certains cas donnés, devenir une cause de syncope, de suffocation ou d'apoplexie.
C'est encore aux compressions veineuses et à la gêne qui en résulte pour la circulation, tout autant qu'à l'hydrémie plus grande, qu'il faut attribuer ces épanchements œdémateux considérables, et souvent rapides, qui, dans quelques cas, exercent aussi une certaine influence sur la soudaineté de la mort.
Sj les phéoomènes sur lesquels je Tiens d^sppeler TatteDlion se sont produits lentement, ils tugmentent jusqu'au terme de la grossesse, et la lunme, qui s'y est habituée peu à peu, les supporte presque toujours sans grand inconvénient. Elle éprouve bien un sentiment de turgescence^ quelques palpitations, un peu de dyspnée, un peu de céphalalgie* et€«; mais dans Timmense majorité des cas, il n'y a rien de plus, et les accidents vraiment sérieux* ceux surtout qui donnent lieu à la mort subite, tiennent à des causes combinées souvent niMnbreases* presque toujours différentes pour chaque fait particulier* et dont j'apprécierai plus lard la valeur. Je ne puis ici qu'indiquer la part qui, dans ces cas, revient à une disposition organique commune à toutes les femmes grosses.
Après la délivrance, le mécanisme de la circulation éprouve un changement à peu près soudain, et qui a parfois été fatal à des femmes d'une ooostilulion débilitée ou qui étaient atteintes de quelque affection organique du cœur ou du poumon. Alors, en effet, la plus grande partie du sang contenu dans l'utérus se trouve brusquement refoulée dans la circulation générale, par suite du retrait rapide de l'organe. De là uae congestion brusque et souvent intense vers le cc&ur, le poumon ou le cerveau, ou vers les trois organes à la fois.
0b8. I. — Congestion sanguine, mort imminente» — J*ai été one fois témoin d*un accident lemMable chez une forte fille, primipare, et qui était aocoacbée rapidement En quelques
. inttaau la lace devint vaitaenie, les jeas s'io|c^èffeDC, les lèvres devinrent violeiles; la re»pisation était bruyante et entrecoupée, la résolution des membres presque complète. Un air vif lut aussitôt donné à la malade ; de l^eau fut projetée au visage. On lui fit respirer du vinaigre. Il seule chose qu^on eût sous la main, et ]e me disposais à ouvrir la veine, quand feus la
.saUtfacUoD de voir la respiration dev«nhr plus naturelle, le visage pAHr et tout rentrer dans Tordre ; U circulation normale avail repris son cours^ Un peu plus d'intensité dans cet accident, et cette fille était morte ; Je Tai du reste crue perdue.
Cesi ainsi que chez la femme grosse on observe à la fois les signes de la pléthore et ceux de l'anémie. Suivant que Tune ou Tautre de ces affections prédomine, l'autre s'efface, mais on la voit reparaître sitôt que par un traitement approprié on a rétabli l'équilibre. Ces deux affections ne sont d'ordinaire pas assez graves pour donner lieu à la mort subite ; mais ce résultat peut être amené par le fait d'une disposition particulière de la femme^ telle qu'une affection organique préexialaute, un épuisement très grand, une émotion très vive, etc.
DANS L'éTAT njEfiPknÉL. éy
s m. — Troubles de la respiration*
J*ai peu de chose à dire ici des iroables de la respiralion, parce que ceux qu'on observe pendant la grossesse paraissent être le résultat des congestions sanguines ou séreuses» dont nous venons d'examiner les causes, ou bien encore celui de la compression du poumon par le ra-» . roulement du diaphragme. On conçoit aussi que la toux et la dyspnée puissent être le résultat d'un état nerveux. Les lésions de la respiratioii sont donc plutôt secondaires que primitives. I^iour importance, comme cause de la mort subite de la femme en couches, tient uniquement aux circonstances qui onl été examinées déjà, et une étude plus complète en sera faite lors de l'examen des cas particuliers.
S lY. — .Troubles des sécrétions et des excrétions.]
Les sécrétions et les excrétions sont aussi plusoct moins modifiées par l'état de grossesse. Je dois ici dire qndques mots sur trois d'entre elles.
La salivation est souvent assez abondante pour fatiguer énormément la femme sans qu'aucon des mojens proposés puisse la laire teseet . Gel accident, qui se produit dans des circonstances assez variées^ est plut fréquent dans les premiers mois de la grossesse et parait être lié aux troubles de Tappareil' digestif. Il est rarement sérieux, mais on l'a pourtant vu donner lieu à de» symptômes graves. M. Devillîers fils a ra^ porté l'observation d*une dame qui, à sa première grossesse, en fut affectée jusqu'au sixième mois ; qui, à sa deuxième grossesse, saliva tout le temps ; qui, à sa troisième grossesse, répandait plus d'un litre de salive par jour. L'eau glacée seule pamt diminuer ce ptyalisme, et il fallut j renoncer, parce qu'il survint des étoufféments violents. Reste à savmr si ces étoufféments étaient l'effet de la suppression du flux salivaireoa bien s'ils n'étaient pas dus à Timpression du froid, qui, concentrant la circulation gastrique, pouvait, par cela même, refouler le sang ver9 Ift cœur et vers les poumons. Dans le cas de Bouvart et Baudelocque, le ptyalisme ne cessa qu'à l'époque de l'accouchement, et dans une seconda grossesse, une apoplexie fut le résultat de la svppression improdente de cette salivation? J'examinerai ailleurs si l'apoplexie fat bien causée par b suppression du ptyalisme.
La séerétkm arinaire paràtt toujours' modifiée chex la femme grosse.
l8 DE LA MORT SUBITE
La plupart des auteurs la disent augmentée; mais M. Cazeaux pense que c'est là une erretir d^observation, due à ce que la miction est fréquente et peu abondante cbez les femmes grosses. Pour lui, la difGculté et les besoins fréquents d'uriner tiennent simplement à des compressions diverses opérées par Tutérus sur la vessie, et cela paraît assez probable. Les efforts de miction fatiguent beaucoup la femme ; ils sont parfois très douloureux, et c'est à ce double titre que je les signale ici. Je n'ai rien à dire du nébule dont se couvre l'urine des femmes grosses, sa signification physiologique ou morbide n'étant pas encore déterminée. Mais quelque chose de plus important est le passage de l'albumine du sang dans les urines de quelques femmes grosses. Rien de moins connu que cette question, malgré les travaux importants de MM. Rayer, Lever, Caben, Devilliers, Regnauld, Blot, etc. MM. Devilliers et Regnauld ont constaté que chez les albuminuriques grosses', l'albumine du sang descendait quelquefois jusqu'à 56,39. Il y a donc là une des causes notables de Tappauvrissement du sang, dont nous connaissons déjà les désastreux effets. M. Rayer pense que, comme dans la maladie de Bright, Talbuminurie esticile résultat d'une néphrite occasionnée par la compression de Tutérus sur les veines rénales ou sur les reins euxmêmes. Il a plusieurs fois constaté que chez les femmes grosses, les reins étaient plus ou moins hypérémiés. Après Taccouchement cette hypérémie cesse parce que la compression cesse. M. Cahen, dans sa thèse et dans plusieurs travaux ultérieurs, a, presque de point en point, adopté les opinions de M. Rayer, son maître. M. Blot pense, au contraire, qu'il ne faut voir là qu'un simple trouble fonctionnel des reins. Il appuie son opinion sur ce que le tissu du rein ne présente jamais plus qu'une simple hypérémie ; que l'bydropisie manque souvent, et que, quand elle existe, elle disparaît toujours très rapidement après la grossesse; qu'il n'y a que rarement des douleurs lombaires ; qu'il n'y a pas de réaction générale, pas d'amaurose; que l'albuminurie disparaît presque toujours très rapidement après l'accouchement, et qu'elle est sans gravité lorsqu'elle n'est pas compliquée de congestion cérébrale; qu'elle est, du reste, sans influence marquée sur la marche de la grossesse, la vie du fœtus, la durée du travail, la délivrance, les suites des couches, etc« ; que plus de la moitié des femmes albuminuriques n'ont point d'œdème, et que si Téclampsie s'accompagne d'albuminurie, la réciproque est loin d'être
DANS l'état puerpéral. ag
vraie, etc. Pour mon compte, j*ai essayé par la chaleur et pajr l'acide nitrique l'urine d'une vingtaine do femmes infiltrées, sans jamais y avoir trouvé d'albumine, ce qui se trouve, du reste, être en rapport avec une observation de M. Thierry qui a dit que l'albumine n'existe que passagèrement dans l'œdème séreux (1). On voit, par ce court exposé de la question, que l'albumine de la grossesse ne doit pas avoir une grande importance étiologique sur la mort subite des femmes en couches, et c'est un résultat auquel on pouvait ne pas s'attendre, quand on pense aux accidents graves que cette lésion détermine dans d'autres circonstances.
Je me suis déjà expliqué sur la valeur de l'œdème séreux et des diverses hydropisies auxquelles la femme grosse est sujette; je n'ai rien de plus à ajouter en ce moment.
Un seul mot sur les transpirations excessives que j'ai vues quelquefois fatiguer beaucoup de nouvelles accouchées dès qu'elles se livraient au sommeil. C'est particulièrement chez les femmes d'une complexion délicate que j'ai constaté ce phénomène. Une alimentation substantielle et le vin de quinquina ont, en général, produit de bons effets ; mais les transpirations n'ont cessé en entier que plusieurs semaines après la délivrance, alors que les femmes n'étaient plus du tout sous l'influence puerpérale. Plusieurs raisons peuvent rendre compte de ces sueurs excessives : d'abord, la constitution débile qui y prédispose toujours, ensuite l'appauvrissement du sang et surtout son état hydrémique ; puis l'immobilité du sommeil qui favorise la stase des liquides, diminue l'activité de la circulation, et concourt ainsi à leur élimination par simple exhalaison, autant peut-être que par véritable sécrétion des organes émoDCtoires delà peau. Quelle que soit, du reste, la cause de cessueùrs^ toujours est-il qu'elles ont pour effet d'affaiblir la femme, et ce résultat est le seul qu'il importe ici de constater.
S ▼. •— Troubles de i*iDner?aUoo.
Il me resterait à parler maintenant des troubles dont le système nerveux est le siège pendant l'état puerpéral, mais je ne ferai qu'esquisser> ici cetlc queslion sur laquelle j'aurai à révenir longuement. Chez les femmes hystériques, chez celles qui sont très excitables, très impres-
(f) Thèse de Strasbourg^ i^Ub*
3o tm LA
ns tfowiks
re rtlgtf , éa mamjL de téiecv des ékmr dh^m t m îs^ c'ert à TafflvK ém fers h fêle qvVe rapporte ees aecidests deal «se Mi^t fût es pfa^ r j l justice ; sais q«aiid «s W Ê Êmes arcidest» s 'ohc r im t cIkz ttmm ^ . (Fmne eoutifalmi ckécive, fls not alorf le rénhat d'urne eepf ibilité nerrenseqiie Télal poerpéral estrelîeat et dérelappe smiCBl â «n kaot depré.
L aoémie poerpérale, sor laquelle je vietts d'appeler Tatleatios, triboe beaoeoop â FeultatioD du système ii ei icm diex b fease si car OD ne doit pas oublier qoe le saiiç modère les nerfe ^4 rut merrmm); mais indépendammeot de cette caese, îl bot teoir compte aoBsi de rinfloence qoe Tétat de grossesse exerce sar le nioral des femmes. Criles-ci derîenDent alors plos împressioiiiiaMes, leor caraetère change; elles sont parfois bizarres, promptes) slnqoiéter. po r lées fers des idées tristes; beaoeoop se p i éo ccop ent de Fissve de leur gros- Ksse, etc. Ce soot eocnre la aotant de caoses qoi les é a e n eiit et aog- OMitent cbex elles h mobililé oerreose. L'état allectif de Flme me parait 00 point dont il est très important de tenir compte dans Fétode des caoses de h mort sobite des femmes en coo ch e s , sortoot <pnnd on reot s'expliqner ces morts sjncopales cbnt les recberdies nécroMOpiqnes ne peorent nallement rendre compte. Ce n*est pas 3i dire poor ceb qa*il bille négliger les antres caoses qoi sont de natore à a^r s«r le système nerrcox. Aind, il J si pendant le trarail de raccoochemenl, même le plos simple, des doolears asses rires poor ébranler fortement ce système. Les changements qoi sorriennent après la délirrance dans lecoors de b cîrcobtioa sont égalememi de natnre à produire on effet semblable. « Ibns œ moment aoasi les bmmes éprooTent on accablement profond comme après on ezercice riolent et immoJéré. A peine replacées sur leur lit, elles sont prises dliorripilations, de friisons, portés qoelqoefoîs jesqo'an tremblement el aox daqoements des dents. Ces frissons modérés sont de bon aogore ; ils annoncent qoe Faction nerreose et b circubtion ne tarderont pas à reprendre leur rhythme
DAJI8 L*ÉTAT PUERPÉRAL. 3l
normal. En effet» lé pouls, jusqu'alors serré et fréquent, devient souple et développé ; il se relève, la chaleur se ranime, la peau se recouvre d^uue moiteur halîiueuse; toutes les fonctkms revîeunent à leur état ordinaire^ et la temme s'endort paîsiblemdut* Des frissons trop prolongés doivent au contraire inspirer de l'inquiétude, car ils sont l'avantcoureur de convulsions j quand la femme conserve de Tagitation , de la loquacité et que la peau reste sèche, il faut craindre Thémorrhagie (1).» M. Moreau eût pu ajouter que les femmes peuvent mourir dans ce frisson« lorsqu'il est très fort* Alors la calorification ne se rétablit point, et la mort arrive dans un état qui tient de l'asphyxie et de la syncope. Le froid est, en effet» l'un des dissolvants les plus énergiques de la puissance nerveusOf et la chaleur le meilleur moyen de l'entretenir* I^es expériences de Cbossatont mômeétabli qu'une chaleur soutenue, appliquée à un animal près de mourir d'inanition, ranime l'action nerveuse presque éteinte, au point de rétablir le cours déjà interrompu des fonctions, et de rendre le retour à la vie possible, si des aliments sont rendus. La Csmme en couches est souvent dans un état de langueur analogue à celui que produit l'inanition.
Mais l'état puerpéral peut aussi déterminer des convulsions et des spasmes ; dans ces cas, c'est encore l'élément nerveux qui est affecté. Les convulsions et les spasmes sont tantôt le résultat d'une exaltation du système, et tantôt celui de sa dépression.